Salut mon grand

J’étais toujours un peu perplexe quand Yves de Repentigny, ancien chef de division aux Arts, me lançait « Salut mon grand » alors que j’étais aux côtés de Richard René.

Bon, il faut signaler qu’Yves appelait tout le monde « Mon grand », même Richard René qui faisait 6 pieds 7 pouces.

Remarquez que c’était tout aussi bizarre quand Yves disait à Richard : « Salut mon grand »…

Techniquement, c’était une des rares fois où Yves avait tout à fait raison, mais nous savons tous que son « Salut mon grand » n’avait aucun rapport avec la taille de la personne qu’il saluait.

C’était sa façon à lui de dire bonjour. Ç’aurait pu être « Salut Dude ! », mais j’imagine mal Yves me dire « Salut Dude ! » La perplexité aurait alors fait place à de l’inquiétude pour mon collègue des arts.

J’étais donc perplexe quand Yves me disait « Salut mon grand », moi qui fait 5 pieds 4, et que je me trouvais aux côtés de Richard, qui fait 6 pieds 7. Je souriais. Et je pense que Richard souriait aussi.

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Mets-en, qu’il faut qu’on parle de santé mentale

C’est la deuxième fois que je prends la plume pendant ma dépression pour réagir à un texte dans La Presse.

J’ai commencé à lire le journal, mais à peine, je le feuillette, c’est tout. C’est évidemment le titre de l’éditorial de François Cardinal qui a attiré mon attention : « Il faut qu’on parle de santé mentale ».

L’édito de François Cardinal > « Il faut qu’on parle de santé mentale »

You bet, qu’il faut qu’on en parle… Mais il ne faut pas juste en parler, il faut commencer à agir.

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Je suis Björn Borg

Euh ? Björn Borg ?

Oui, Björn Borg.

Le Suédois, joueur de tennis dans les années 70 et 80 ? Le grand blond au revers à deux mains, qui a révolutionné son sport ?

Oui.

Lui et moi avec plus en commun que je ne l’imaginais moi-même, avant de voir le film Borg McEnroe, sorti en 2017.

Moi, le petit aux cheveux foncés et aux yeux bruns et lui, grand blond aux yeux bleus, partageons quelque chose qui cause de vraies souffrances derrière un masque d’impassibilité.

Ce quelque chose a forcé Borg a prendre sa retraite sportive en 1981, après avoir échoué à remporter le tournoi de Wimbledon pour une sixième fois d’affilée.

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Faut vouloir en criss…

Les larmes qui viennent du fond de ton âme, ce sont celles qui font le plus mal. / Elles coulent lourdes et chaudes sur des joues un peu amaigries. / Ce sont des larmes de douleur insaisissable qui remontent le cours du temps. / Ce sont des larmes de souffrance qui cherchent la sortie de secours. / Elles font mal de n’avoir pu s’exprimer pendant si longtemps. / Aujourd’hui, c’est l’heure du paiement. / Une énorme dette avec intérêts qui jaillit de ton âme et qui réclame en échange un peu de paix et de sérénité. / C’est l’heure de la dépression. / C’est l’heure du paiement.

Je commence à penser que j’ai développé une certaine expertise en matière de système de santé et de dépression.

Il ne manquait que l’étape finale : valider tout ça. Une plongée au coeur du système, quoi…

Ma première conclusion : faut vouloir s’en sortir en criss pour se taper l’hôpital en dépression.

Ce n’est pas tant le personnel que le système lui-même.

Comme si le système avait son existence propre et qu’on oubliait que ce sont des humains qui déterminent les règles, les paramètres de ce système.

Le pire, c’est que tout le monde semble d’accord pour dire que le système a des ratés pour traiter les dépressions. Mais il n’y a rien qui change.

Tu te rends donc à l’hôpital avec comme seul objectif de pouvoir rencontrer un psychiatre. Et tu te croises les doigts pour tomber sur un bon.

Mais tu dois te taper tout le reste. Tout le reste alors que tu es rendu un peu au bout du rouleau et que tu veux être traité comme un être humain qui souffre, pas comme un malade qu’on infantilise.

En prime, tu te tapes la bouffe de marde, la civière de marde, l’oreiller de marde…

Faut vraiment vouloir s’en sortir pour se taper une telle galère.

C’est mon cas. À 100%. Mais le chemin est plus difficile que je le croyais.

Les fonds de corridor

J’écris ce billet du fond du corridor de la clinique externe de l’hôpital Charles-LeMoyne.

C’était mon endroit de prédilection pour aller faire une sieste quand je travaillais comme préposé aux bénéficiaires, début vingtaine.

Cette fois-ci, je suis allé m’y cacher pour pleurer un bon coup. Des crises de larmes, qui selon ma fille, ressemblent aux cris d’un cochon dont on est en train de couper les couilles…

Mes couilles à moi sont intactes, je vous rassure tout de suite.

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Ma tournée culinaire

Je vais continuer d’essayer l’humour pour m’aider à guérir.

Je n’y arriverai peut-être pas toujours, mais ça vaut la peine d’essayer.

J’ai encore passé une bonne nuit.

Je ne sais pas ce qu’ils me donnent, mais ça assomerait un cheval.

Je suis loin d’avoir la constitution d’un cheval, alors tsé…

Je crois même que ça assomerait un douchebag.

Je ne pense pas non plus être un douchebag. Je cours trop vite pour un douchebag et j’ai de tout petits bras. Et j’écris un blogue presque sans fautes…

Et je lis Yves Boisvert. Juste ça, ça élimine toute possibilité d’être un douchebag

Mais pour être vraiment certain, je lis aussi Alexandre Sirois.

Je prononce ces deux noms en essayant d’entrer dans la confrérie des douchebag et c’est le rejet immédiat de mon dossier avec une note écrite au marqueur rouge : évitez à tout prix !!!

À mon réveil, j’ai eu droit au spécial du dimanche de la maison : des crêpes !

Enfin, ça ressemble à des crêpes en effet.

Elles sont toutes petites.

Je me dis que ça doit faire partie du traitement, tout comme la tranche de fromage single. Je ne sais pas cependant si la tranche se mange en même temps que les crêpes. Dois-je l’insérer entre les deux crêpes et ajouter ensuite le sirop d’érable ?

Du sirop d’érable ? Mmmmmm j’ai comme un doute.

Mine de rien, j’écris tout cela alors que la douleur à la poitrine est en train de reprendre la place qu’elle occupe depuis un maudit boutte.

Et je me demande ce que je fais ici…

Ah oui ! Prendre soin de moi.

Ce n’est certainement pas ce que j’avais imaginé comme méthode pour prendre soin de moi.

Mais bon, je suis un humain après tout.

Toute l’empathie et l’indulgence que j’ai pour les autres, faudrait que je commence par l’avoir pour moi-même.

C’est peut-être pour ça que je suis rendu à l’hôpital.

La vie, quoi

J’ai 51 ans.

Je m’apprête à passer la nuit à l’observation C de l’urgence de l’hôpital Charles-LeMoyne, lit 37.

Je me suis rendu de mon plein gré hier à l’urgence de l’hôpital Pierre-Boucher.

Je me suis levé full angoissé. J’ai pleuré tout le long de ma marche d’une quinzaine de minutes avec mon chien.

J’ai ensuite pleuré en préparant mon café. J’ai pleuré en préparant mes toats. J’ai pleuré en mangeant mes toats pis j’ai pleuré en buvant mon café.

J’ai pleuré en mettant la vaisselle sale au lave-vaisselle. Je pleurais chaque fois des larmes qui venaient de loin, des larmes de douleur.

Une fois tout ça terminé, je pleurais encore.

C’est là que j’ai décidé que ça ne pouvait plus durer.

C’est là que j’ai décidé que j’avais besoin d’aide. Je recevais déjà de l’aide, mais ce n’était pas assez.

Sauf que ça voulait dire me rendre à l’hôpital…

Moi qui depuis des mois dit qu’il faut arrêter le tabou autour de la santé mentale, j’avais la chienne de me rendre à l’hôpital….

C’est fort le tabou…

J’ai pris ce qu’il me restait de courage et je me suis dit que c’était la seule chose qui me restait à faire.

Je me suis rendu à l’hôpital en braillant ma vie.

Une fois rendu sur place, je me suis dit : mais qu’est-ce que je fais ici ?

///

J’ai fini par rencontrer une résidante en psychiatrie et un psychiatre. Les deux m’ont proposé de m’hospitaliser, histoire de me permettre de me poser pour de bon pendant qu’eux allaient prendre soin de moi. Mais la décision me revenait.

Je suis sorti de leur bureau pour réfléchir. J’avais la chienne encore une fois.

Et là, j’ai eu un flash… Combien de fois dans ma vie avais-je décidé de prendre soin de moi pour vrai ? Combien de fois avais-je décidé de m’occuper de moi avant les autres ?

Pas souvent.

Vous allez dire qu’un séjour à l’hôpital est une drôle de façon de prendre soin de soi…

Quand tu décides de t’y rendre volontairement, c’est peut-être que la décision était déjà prise au fond de toi. Et que l’hôpital s’avère alors un excellent endroit pour aller prendre soin de soi.

Il manquait juste un peu de courage pour le faire. Faut croire qu’il m’en restait encore un peu…

Êtes-vous tannés de mourir, bande de cave?

J’écris ce billet d’un lit situé aux urgences de l’hôpital Pierre-Boucher.

Je m’y suis présenté hier parce que même entouré de gens formidables, qui m’aiment sincèrement, ma souffrance était rendue telle que l’hôpital s’avérait la seule option.

J’étais rendu au bout du rouleau et ma fille qui me soutient au quotidien commençait à manquer de gaz elle aussi.

C’est quand même drôle la vie…

L’an passé, c’est beaucoup par amour pour ma fille que j’ai sorti sa mère de l’hôpital Douglas et que je l’ai hébergée pendant 8 mois.

Ça été un cauchemar pour moi, surtout qu’on n’a reçu aucune aide de mon ex belle-famille.

Chaque jour, je rentrais à la maison un peu chamboulé de rentrer à la maison. Parfois triste, parfois en colère, souvent les deux.

Je rentrais à la maison après des journées stressantes au journal ou au syndicat, mais je n’y trouvais aucun répit.

J’y trouvais mes deux enfants en train de consoler leur mère en dépression qui avait fait deux tentatives de suicide pendant l’automne. Et qui avait encore des idées noires.

C’est entre autres par amour pour ma fille que j’ai fait l’impossible, que j’ai dépassé mes propres limites, sans m’en rendre compte au début.

Ma fille qui ne cessait de me dire qu’il fallait faire quelque chose. J’ai bien des défauts, mais ma famille pour moi, c’est sacré. Même séparé de mon ex, il y aura toujours un lien qui nous unit tous les quatre.

///

Je suis à l’hôpital et il n’y a pas grand-chose à faire. Je lis donc le journal.

Malgré les médicaments, l’angoisse est en train de reprendre sa place. Deux ans de stress intenses, ça use un homme.

Je tombe sur la chronique de Patrick Lagace et le discours de Catherine Dorion. Et son t-shirt, évidemment.

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Voici ce que j’ai à dire sur le t-shirt de Mme Dorion.

Je ne suis pas surpris qu’un t-shirt fasse tant parler de lui.

C’est à l’image même de notre société.

Une société du vide, faite de vendredi fou et de lundi noir.

Une société où les annonces de char nous promettent le bonheur. Où les banques nous promettent le bonheur. Où les épiceries nous promettent le bonheur. Où les Rona, Reno-Depot ou autres nous promettent le bonheur.

Quand on est chanceux, le bonheur vient en quatre paiements faciles et on obtient une deuxième dose de bonheur en prime.

J’imagine qu’on parlera beaucoup moins de son discours, magnifique.

Catherine Dorion nous parle d’abord de solitude. Maudit qu’elle a raison.

Il y a toutes sortes de solitude dans notre société.

Mais dans une société où règne la dictature du bonheur, la solitude est partout.

Je me sentais terriblement seul l’an dernier alors que j’aurais apprécié un peu d’aide avec un si lourd fardeau.

Je sais que les solitudes ne se comparent pas. Je persiste à croire cependant que ma solitude à moi, elle jouait dans la Ligue américaine, pas dans la Ligue nationale.

Il y a des gens terriblement seuls tout le temps.

Et tout le reste qui suit. Une société de plus en plus déconnectée de la nature profonde d’homo sapiens. Homo sapiens, qui est d’abord un animal social.

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Je termine ces lignes alors que je suis rendu à l’hôpital Charles-LeMoyne où j’ai été transféré et où j’ai vécu une expérience fort désagréable.

A mon arrivée, on m’a installé dans une immense salle vitrée avec 4 autres patients dignes de Shutter Island.

Pas le droit au téléphone ni à ma tablette ni à rien. Pas même le droit à mes médicaments tant que je n’aurais pas vu un psychiatre, ce qui pouvait prendre encore plusieurs heures.

L’infirmier n’avait même pas lu mon dossier et ne montrait aucun intérêt à vouloir le lire.

Il a fallu que je me fâche un peu – dans mon état, c’était pas génial – pour que l’infirmier accepte de faire venir un médecin de l’urgence.

Ça pris 5 minutes au médecin pour comprendre que je n’avais pas d’affaire là. Il m’a fait transférer dans une autre aile plus appropriée.

Bref, Pierre-Boucher 1; Charles-LeMoyne 0.

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Je disais au début de ce billet que c’est drôle la vie. C’est entre autres par amour pour ma fille que j’ai accepté d’héberger sa mère.

Aujourd’hui, c’est aussi par amour pour ma fille que j’ai accepté de me rendre à l’hôpital. Je l’ai fait pour moi d’abord, mais je me suis dit aussi que ça serait un soulagement pour elle de voir son père aller chercher de l’aide.

Facile, monter la tête de lit

Je vous ai déjà dit que j’ai été préposé aux bénéficiaires au début de la vingtaine.

Ça fait bizarre de me retrouver de l’autre côté cette fois-ci.

J’ai trahi mon âge une première fois quand j’ai demandé à la préposée de tourner la manivelle au pied du lit pour remonter la tête de lit.

Ce n’est plus comme ça m’a-t-elle dit en riant. Regardez les deux poignées jaunes à la tête du lit, il faut juste appuyer là-dessus.

Hé bin, on n’arrête pas le progrès !

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J’ai dormi toute la nuit. Le contraire aurait été étonnant avec la dose de cheval qu’on m’a donné.

Malgré tout, quand je me suis réveillé ce matin, la douleur était encore là, en embuscade. Elle se tient un peu plus loin. Les médicaments qu’on m’a donnés me gèlent en quelque sorte. Mais je ressens une douleur à la poitrine qui est prête à reprendre sa place n’importe quand.

Je réalise à quel point elle devait être si intense sans le cocktail qui m’a été prescrit par le médecin.

Je réalise aussi qu’il était temps que je vienne chercher de l’aide supplémentaire.

Ma fille de 25 ans, qui est aux études et travaille aussi à temps partiel, commençait à montrer des signes de fatigue.

Hier, c’est Nathalie, mon ex, qui est venue prendre la relève parce que Noémie devait partir travailler vers 16h.

J’ai plein de griefs à l’endroit de Nathalie. Ça été fucking difficile par moment. Mais ça reste la personne qui me connaît le mieux sur cette planète et vice-versa. Et nous avons eu ensemble deux magnifiques enfants.

Et hier, elle a été là, point. Plutôt que se plonger dans sa culpabilité ou encore dans son incapacité occasionnelle à me voir souffrir, elle a juste été là, comme toutes les fois où j’ai fait ça pour elle dans les dernières années.

Ça m’a fait du bien. Il est hors de question qu’on revienne ensemble, mais de voir que, pour une fois, elle mettait ses souffrances de côté pour m’aider à prendre soin des mienne, ça m’a fait beaucoup de bien.

Parce que je ne veux pas vivre dans la colère face à quelqu’un avec qui j’ai passé 25 ans de ma vie, même si les dernières années ont été très difficiles.

Ce n’est pas dans mon ADN. Je vais devoir apprendre à me protéger un peu mieux, mais ce n’est pas moi ça, vivre dans l’amertume et la colère.

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On vient de me servir mon déjeuner.

Superbe présentation, comme dans les plus grands restaurants.

Café, jus d’orange et morceau de fromage. C’est le plat principal qui m’intrigue… Une omelette aux trois fromages avec jambon et champignons ? Je salive déjà.

Et tadam !!

La déception est vive.

Deux roties avec un seul contenant de confiture. Mais bon, je n’ai pas à me plaindre. Je suis à l’hôpital et les toasts sont quand même chaudes.

Je me rappelle à quel point j’étais gêné de servir les déjeuners aux patients au milieu des années 80. Des toasts froides et toutes molles… Menoum…

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Hier, je n’ai pas cessé de penser à la chronique de Patrick Lagace, à laquelle j’ai réagi en publiant une lettre dans la section Débats.

J’y ai pensé encore plus quand une infirmière est venue me remettre un dépliant au sujet d’un centre de crise qu’on peut appeler en tout temps.

Un peu bête, j’ai répondu que je ne n’étais pas venu à l’urgence pour recevoir un dépliant, mais de l’aide.

Elle m’a répondu, un peu mal à l’aise, que c’était la procédure qu’elle appliquait.

Mon angoisse a grimpé d’un cran, craignant que moi aussi, on me retourne chez moi avec un dépliant et quelques bons mots.

Ce qui n’est pas ce qui s’est passé, heureusement. Une médecin qui te fait un gros câlin alors que tu pleure comme un bébé et qui te dit que tu vas t’en sortir, ben ça fait du bien.

Je ne sais pas si c’est écrit comme ça dans le serment d’Hypocrate, mais ça doit ressembler à ça :

Le patient souffrant et en dépression tu écouteras avec tendresse et empathie. Et si c’est nécessaire, un gros câlin tu lui feras pour lui faire comprendre que nous tous humains.

Bon, c’est probablement écrit avec des mots plus savants. Mais ça nous ramène à la base de la médecine : aider son prochain.

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Je viens de faire ma première parade de mode ever en jaquette bleue. C’était d’un chic fou. Jaquette bleue, bas noirs et pantoufles d’hôpital bleues. Oui, oui, je porte encore mes sous-vêtements. Pas question de montrer mes fesses à personne, enfin à presque personne 😉

Avec mes traits tirés et ma barbe mal rasée, je suis irrésistible, je n’en doute pas un instant.

Si je suis assez en forme pour aller au party du STIP, ça pourrait être mon déguisement. Je suis certain que je torche tout le monde et que je suis le clou de la soirée. Même Hugo Meunier n’a jamais fait ça 😉

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J’essaie de rire un peu, surtout de moi-même. C’est une façon de masquer la douleur qui m’habite. Il s’est juste passé trop de choses dans ma vie ces deux dernières années pour que je ne craque pas.

La bonne nouvelle, c’est que je suis vraiment bien entouré. Je ne compte plus les messages d’amour reçus depuis hier. Merci à tous !

Un merci tout spécial à mes deux anges-gardien : ma fille Noémie et la formidable Marie-Eve Martel.

Merci aussi à Pascale St-Onge, une femme extraordinaire qui n’est pas seulement une excellente présidente de la FNC. Merci à Charles Côté. Merci à Francine Bousquet et à tous les autres.

Comme disait ma soeur quand elle était petite : je vous aime gros comme mon coeur avec une peanut dessus xxz

Et j’ai craqué…

Non, je n’ai pas décidé de me lancer dans la critique de bouffe d’hôpital.

Car c’est bel et bien un magnifique repas d’hôpital que vous voyez sur cette photo.

J’en ai servi de ces repas quand j’étais préposé aux bénéficiaires, début vingtaine.

Ça fait tout drôle d’être celui qui s’en fait servir un aujourdui.

Je porte aussi la magnifique jaquette bleue que j’ai passée tant de fois à des patients hospitalisés à l’urgence.

On m’a permis de garder mes bas et un peu de ma dignité en conservant mes sous-vêtements.

J’ai vu trop souvent des fesses de patients avec des jaquettes mal attachées. Bon, vous allez dire que ce sont juste des fesses… Mais bon, ce sont mes fesses et je préfère que ce soit moi qui décide de les montrer à qui je veux bien les montrer.

Alors oui, je vais passer la nuit à l’hôpital Pierre-Boucher. C’est une première pour moi à 51 ans. Jamais hospitalisé pour quoi que ce soit avant ça, oui monsieur !

Je m’y suis rendu de mon plein gré.

J’en avais assez des nuits sans sommeil, des crises d’angoisse nuit et jour et des crises de larmes interminables.

J’ai déjà dit que mon corps avait rejoint la tête et le coeur déjà épuisés et un peu brisés.

J’en avais assez de souffrir et j’avais clairement besoin d’aide. Enfin, plus que celle que je recevais déjà.

Quand une infirmière est venue me remettre un dépliant d’un centre de crise que je pouvais appeler en tout temps, j’ai tout de suite pensé à cette chronique de Patrick Lagace où un patient, probablement encore plus magané que moi, n’a reçu qu’un dépliant avant qu’on ne le retourne chez lui.

Ça n’a pas été mon cas. J’ai rencontré une médecin des plus gentilles qui soit. Elle a pris le temps de m’écouter. Elle m’a dit qu’elle aussi était déjà passée par là. En quittant, elle m’a fait un gros câlin pour me dire que j’allais m’en sortir.

Je tiens à raconter cette histoire, parce que très souvent, on ne les entend pas.

Alors que j’avais un peu la chienne de me présenter à l’hôpital, elle m’a mis en confiance et m’a rassuré sur la décision que j’avais prise.

Bon, je me demande un peu ce que je fais ici. Mais je me rappelle m’être dit, au début de ma dépression, que j’allais y mettre toute ma détermination pour m’en sortir.

Je ne pensais pas alors à ce moment-là que ça allait nécessiter un séjour à l’hôpital…

Mais bon, les mammouths que j’ai affrontés, ils étaient des costauds. C’est un peu normal de me retrouver pour vrai sur la liste des blessés au haut du corps 😉

Malheureusement, pas de guitare pour m’aider à chasser les angoisses. Ça ne peut pas être parfait.

Même si je n’avais aucune honte à dire que j’étais en dépression, j’avoue que de passer par l’hôpital, c’est une autre affaire.

J’imagine alors très bien le malaise de ceux qui ne veulent même pas dire qu’ils sont en dépression.

C’est fou la puissance du tabou, comment ça vient jouer dans l’inconscient, même pour ceux qui se disent très ouverts d’en parler.

Comme j’aime bien ne pas faire comme tout le monde, je vais en parler…

Mais ce sera pour une autre publication. Je ne sais pas ce qu’ils m’ont donné, mais je plane un peu..

Je vais aller rejoindre, je l’espère, Daniel Bélanger dans mes rêves…

p.s. : une autre première pour moi, on vient de me demander si j’ai un dentier, pour le laisser tremper pour la nuit… J’ai montré toutes mes dents à la préposée qui est partie à rire. Ça m’a fait du bien…