Demander de l’aide, c’est toujours une bonne idée

La vie fait drôlement les choses parfois.

J’ai reçu aujourd’hui un message d’une de mes cousines qui me faisait parvenir un témoignage émouvant de Jean-Marie Lapointe qui parle du suicide. Elle me disait que je pourrais en parler sur mon blogue.

La vie fait drôlement les choses, parce que dimanche, j’ai lancé une bouteille à la mer auprès d’un groupe d’amis et de personnes de confiance.

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Deux filles le matin

Ce matin, comme tous les fucking matins depuis un an et demi, me suis levé en crise d’angoisse avec une intense douleur à la poitrine.

Ça fait si longtemps, mais on ne s’habitue pas vraiment. C’est difficile à décrire, mais c’est violent. Une douloureuse violence qui s’empare de ta tête, de ton coeur, de ton âme, de ton corps…

Ce week-end, j’ai deux chiens à la maison. Je garde Kina, la chienne de mon fils. Chez moi qui est devenu la deuxième maison de Kina. Elle et Léa sont devenues les meilleures amies du monde. Et un lien spécial m’unit maintenant à Kina.

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Il suffisait de bouger les yeux…

Je vous présente Francine Shapiro, une psychologue américaine. Mais avant d’aller plus loin, de vous parler plus en détail de Mme Shapiro, laissez-moi vous raconter ma dernière semaine…

Vendredi le 11 octobre, j’ai publié un message sur Facebook où j’exprimais mon épuisement après une autre crise d’angoisse. En filigrane, j’exprimais aussi mon découragement de ne pas voir d’amélioration dans mon état.

C’est que je me tapais une solide crise d’angoisse chaque matin en me levant. Si j’étais chanceux, c’était la seule de la journée. Mais ça n’arrivait pas souvent.

Donc, plusieurs crises d’angoisse par jour depuis plus d’un an. Ça épuise même les plus forts.

Vendedi le 11 octobre, j’étais aussi découragé parce que ça voulait dire que mon antidépresseur ne faisait pas la job. Ça voulait dire qu’à mon prochain rendez-vous avec mon psychiatre, on allait à nouveau essayer de trouver une nouvelle molécule pour moi. J’en ai déjà essayé quatre depuis un an…

Quand je me suis levé, le lendemain, une sorte de colère m’habitait. J’en avais marre, bien sûr.

Ça fait plusieurs mois que je répète à mon psychiatre et à mon psychologue que j’ai subi un choc post-traumatique. Je ne disais pas cela pour me rendre intéressant.

Je m’en passerais du choc post-traumatique, vous n’avez pas idée.

Ils étaient d’acccord avec moi, mais en même temps, moi, je continuais de souffrir.

Depuis quelques semaines, je lisais sur une technique reconnue pour traiter ce genre de trauma : l’EMDR.

De quossé ?

EMDR pour Eye Mouvement Desensitization and Reprocessing.

Pour en savoir plus, c’est par ici :

C’est quoi l’EMDR ?

C’est une technique qui a été découverte par la psychologue américaine Francine Shapiro, à la fin des années 80. L’EMDR s’est avéré particulièrement efficace dans le traitement des chocs post-traumatiques.

Comment ça marche ? Après un trauma, les souvenirs douloureux restent pognés dans le cerveau limbique, siège de la peur et des émotions. C’est aussi ce qu’on appelle le cerveau reptilien.

C’est là que ça se passe quand tu croises un mammouth. C’est cette partie du cerveau qui va assurer ta survie. Le cerveau limbique t’offre deux choix : fuis ou prépare toi au combat.

Le cerveau limbique ne fait pas de nuances ni de mises en contexte. C’est noir ou c’est blanc.

Après un trauma, les souvenirs douloureux restent donc pris dans le cerveau limbique, qui est en état d’alerte perpétuel. Quand l’alerte se déclenche, le cerveau limbique ouvre les vannes pour sécreter du cortisol, l’hormone du stress.

Quand ça fait un an que ton cerveau sécrète du cortisol à tous les jours, les crises d’angoisse surviennent en effet chaque matin.

Tu revis les souvenirs douloureux et tu es incapable de prendre du recul, de faire la part des choses. Ce n’est pas la job du cerveau limbique.

Ça fait que tu tournes en rond, pris avec tes souvenirs que tu revis au quotidien.

C’est là que la formidable découverte de Francine Shapiro nous fait réaliser l’immense complexité du cerveau humain.

Samedi matin, j’étais donc en colère. Ça faisait aussi trois semaines que j’essayais de trouver un psychologue qui pratique l’EMDR. J’ai laissé un message à quatre d’entre eux.  Faut croire qu’ils sont bons et qu’ils ont une importante liste d’attente. Aucun ne m’a rappelé.

J’ai une qualité qui peut parfois être un défaut. Il m’arrive d’être têtu comme une mule. Et déterminé.

Un peu comme sur cette photo…

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Si l’EMDR ne venait pas à moi, j’allais me rendre à l’EMDR.

J’ai passé la partie de la journée de samedi à lire sur cette technique et la possibilité de s’administrer soi-même le traitement.

C’est à la fois simple et difficile.

Première étape : il faut faire revivre le souvenir douloureux, se remettre dedans.

Deuxième étape : une fois qu’on est dedans, dans notre souvenir, commence le traitement.

Dans le cabinet d’un psychologue, on serait invité à suivre ses doigts des yeux ou encore un petit bâton qu’il tiendrait dans ses mains. Les yeux se promènent de gauche à droite pendant une certaine période.

Selon Francine Shapiro, le mouvement rapide des yeux permettrait de reprogrammer le cerveau. En gros, les souvenirs douloureux sont transférés du cerveau limbique au cerveau rationnel. Rendus là, on est à nouveau capable de traiter l’information. On est capable de relativiser, de mettre en contexte. Il n’y a plus de mammouth. C’est notre cerveau limbique, le coquin, qui nous jouait des tours.

Il existe des applications et des vidéos sur YouTube pour mettre en pratique l’EMDR. On suit des yeux un carré ou un rond.

Samedi, je me suis administré trois traitements de 10 minutes chacun.

La partie difficile, c’est qu’il faut se remettre dans ses souvenirs. Les premières fois, c’était dur de suivre le carré des yeux, avec les larmes qui coulent et brouillent la vue.

Le lendemain, je me suis administré trois autres traitements. Si vous vous demandez à quoi ça ressemble, ça ressemble à ça :

Lundi matin, quand je me suis levé, la douleur à la poitrine était moins intense. J’ai compris alors qu’il se passait quelque chose.

J’ai poursuivi toute la semaine, à coups de trois traitements de 10 minutes par jour.

Je ne suis pas psychologue évidemment. Je n’ai probablement pas toutes les qualifications requises. Je ne dis pas qu’il faut que tout le monde aux prises avec un trauma s’auto-administre ce traitement.

Mais dans mon cas, la bonne nouvelle, c’est que ça marche. En un an, je n’ai jamais connu des progrès aussi spectaculaires que ceux obtenus avec l’EMDR.

Chaque jour, je travaille sur deux traumas différents. Après une semaine, les crises d’angoisse ont diminué tant en quantité qu’en intensité. Je commence à être capable de penser à ces événements difficiles sans être bouleversé au point de vouloir pleurer chaque fois.

Bref, c’est la première depuis plus d’un an où je sens que le lourd poids que je porte constamment commence à s’estomper.

Pour paraphraser le Cub Med, tout ça en une semaine, imaginez après un mois 😉

Entre temps, j’espère toujours trouver un psychologue qui va pouvoir m’aider avec l’EMDR. Mais au cas où, je me suis procuré le livre de Francine Shapiro qui détaille sa technique. C’est un livre qui est destiné aux spécialistes de la santé mentale : psychiatres et psychologue.

Ce n’est pas vrai que je vais attendre plusieurs mois sur une liste d’attente.

Ce n’est pas sans effets secondaires. J’ai parfois un peu mal à la tête. J’ai aussi un peu mal aux yeux. Mais c’est de la petite bière à côté des résultats spectaculaires et inespérés que j’obtiens.

p.s.: j’oubliais, pour vraiment mettre toutes les chances de mon côté, j’ai aussi commencé en même temps que l’EMDR à prendre deux douches froides de 10 minutes par jour !!! Encore là, c’est de la science. Le choc thermique stimule le système nerveux. Certains médecins très avant-gardistes prescrivent même des baignades en eau froide pour leurs patients souffrant de dépression. Vous savez quoi ? Ça marche 😉

 

 

 

Chère Marie-Eve

Mon amie Marie-Ève Martel a posé aujourd’hui un geste plutôt rare de nos jours.

Elle s’est exprimée sur Facebook pour dire qu’elle se sentait un peu à bout. En gros, la surcharge de travail et le stress étaient en train de faire remonter son anxiété.

Je ne dévoile aucun secret ici au sujet du trouble anxieux diagnostiqué chez Marie-Ève. Elle-même ne s’en cache pas. Elle a l’a d’ailleurs mentionné dans quelques-unes de ses chroniques et c’est tout à son honneur.

Quand j’ai vu sa publication sur Facebook ce matin, j’ai d’abord été inquiet. C’est mon amie et j’y tiens comme la prunelle de mes yeux. Poursuivre la lecture de « Chère Marie-Eve »