Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967.
Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution?
Comme la majorité des humains sur cette planète, ma vie est faite de hauts et de bas. Il y a eu quelques bas au cours des dernières années. J'ai fait plein de « fucking » petits pas pour m’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si.
Je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois.
Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines.
Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux.
Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça.
Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise.
Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?
Il existe un mythe qui est presque aussi fort que le tabou entourant la santé mentale.
C’est celui de la résilience.
Enfin, pas la résilience comme telle, mais la définition qu’on en donne.
La résilience n’est pas tant que ça une affaire de capacités individuelles.
C’est le propos de Michael Ungar, professeur et chercheur sciences sociales, qui a publié un essai sur le sujet : The Science of Resilience and the True Path to Success.
Je suis tombé ce matin sur une lettre qu’il a publiée dans The Globe and Mail.
Sa lettre est d’abord une critique à l’endroit de l’industrie de la psycho-pop et de tous ces livres censés nous donner les recettes du bonheur. Mon projet bonheur est un bon exemple. Douze semaines pour être heureux ? Vraiment ?
« Je ne suis pas con, en tout cas pas à temps plein, je sais bien que les maux de l’âme sont parfois difficiles à soigner. Je sais qu’une dépression, un trouble bipolaire, un trouble envahissant de l’anxiété ou une schizophrénie ne se soignent pas aussi facilement qu’une déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche. »
Ce sont les mots de Patrick Lagacé dans sa chronique d’hier.
Quand j’ai commencé ce blogue, en octobre dernier, c’était d’abord et avant tout pour gérer mes angoisses. C’était aussi pour gérer mes déceptions sur la planche De Serpents et échelles.
Je n’aime pas les serpents, mais j’ai dû apprendre à vivre avec.
Monter. Descendre. Remonter. Redescendre. Continuer et malgré tout, avancer un peu.
Cette planche, c’est ma vie depuis huit mois.
Ce billet est le 98e depuis le premier publié le 20 octobre dernier.
« C’est comme Kenny. Kenny sans sa tête, c’est pas Kenny ! »
Kenny, c’est Kenny Esterday, cet Américain à qui il manquait les deux jambes et qui s’est fait connaître dans les années 80, notamment dans le film The Kid Brother, dans lequel il jouait son propre rôle.
La citation plus haut n’est pas de moi. Elle est de mon collègue et ami Martin Chamberland, avec qui je suis allé prendre un café ce matin.
« Tu ne devines pas la douleur de se lever le matin et d’affronter le jour qui débute. Tu ne soupçonne rien de ces nuits ou je ne dors pas, épuisé d’être passé à travers chaque minute interminable de cette journée. Toutes ces nuits, avant de m’endormir, je fais le souhait sincère de ne plus me réveiller et tous ces matins où la souffrance m’envahit dès que j’ouvre les yeux.
Je crains cette fatigue qui m’étrangle dès l’aube en sachant qu’aujourd’hui encore je dois vivre. Je dois ramer très fort, constamment à contre-courant, pour être à la hauteur du bonheur que je regrette à chaque instant de ne pas être capable de ressentir.
Faire des efforts pour être heureux est épuisant et devient insupportable lorsque dans le regard des autres tu as tout pour l’être. »
Ce sont les mots de Luc Boutin, un homme qui a souffert d’une profonde dépression, qui en a tiré un livre Je suis tellement heureux que je cesse d’exister.
Ce sont de mots criant de vérité et d’une puissance inouïe.
Ce sont des mots qui, je l’espère, vont permettre à ceux qui comprennent mal la dépression d’en saisir un peu mieux les contours.