Bienvenue en «happycratie»

« Si on établit que le bonheur est la chose la plus importante dans la vie et que l’humain serait capable de gérer ses émotions de façon stratégique, eh bien, le mal de vivre est un signe de manque de volonté, d’une personne dysfonctionnelle, ou peut-être même d’une vie ratée. »

Ce sont les propos de la psychiatre Marie-Ève Cotton, en entrevue hier au micro de Stéphan Bureau sur les ondes de Radio-Canada.

`> Les effets pervers de l’industrie du bonheur

Ici, Mme Cotton cherche à illustrer l’absurdité de l’hypothèse de départ. Celle du bonheur à tout prix. Pis que si t’es pas heureux, ben c’est de ta faute.

Ça se peut.  Mais souvent, le problème est plus complexe qu’il n’y paraît à première vue.

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Des nouvelles de Robin Lehner

Le gardien de buts des Islanders de New York, Robin Lehner, a remporté hier le trophée Bill-Masterton, remis pour sa persévérance et son esprit sportif.

> Robin Lehner delivers emotional specch at NHL Awards

Son discours de remerciement détonnait clairement de celui des autres lauréats des principaux trophées remis par la LNH.

« I’m not ashamed to say I’m mentally ill, but that doesn’t mean mentally weak. »

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L’humanité n’est pas un bien ni un service

J’ai vu mon psychiatre hier. Il m’a encouragé à poursuivre mes efforts pour un éventuel retour au jeu. Il a rarement vu un de ses patients se mobiliser autant pour faire face à la dépression, me dit-il.

Je ne sais pas ce que je pourrais faire d’autre. D’une certaine façon, c’est une question de survie pour moi. Rester en petite boule dans mon lit toute la journée n’est pas une option. Mon hamster olympique prendrait le contrôle et ferait fonctionner mon système limbique à plein régime.

Je m’occupe donc, du mieux que je peux.

J’ai commencé à participer à un atelier d’écriture à D’un Couvert à l’autre, organisme qui vient en aide aux personnes souffrant de schizophrénie.

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Tirer sur le messager

J’ai trouvé le monde bien déprimant à mon réveil ce matin.

Pas mon monde, mais le monde.

Les matins sont toujours les moments les plus difficiles. Se réveiller avec angoisse et une douleur dans la poitrine, je n’appelle pas ça se lever du bon pied.

Mais je m’accroche, chaque matin.

Je vais d’abord faire marcher mon chien. À mon retour, je prépare mon déjeuner et je m’installe pour lire le journal. Il m’arrive de tomber sur un texte qui m’absorbe totalement. Pendant quelques minutes, je déjoue mon système limbique et j’en oublie presque la douleur dans la poitrine.

C’est ce qui m’est arrivé en lisant la fascinante chronique d’Isabelle Hachey.

> Docteur K

C’était alors cortex préfrontal 1; système limbique 0.

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De la bataille entre l’amygdale et l’hippocampe

L’un de mes défis au quotidien, c’est de m’occuper l’esprit.

Je viens de finir de regarder l’excellente série The Last Kingdom, sur Netflix.

C’est cette série qui m’a entre autres inspiré ce billet, pour illustrer la bataille qui a cours dans mon cerveau, et dans celui des autres personnes qui souffrent d’une dépression.

Comprendre m’aide à mieux gérer les émotions qui me submergent, souvent, telle une immense vague qui balaie tout sur son passage.

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Trouver du réconfort auprès des « fous »

La journée a été difficile hier, mais je me suis donné quelques coups de pied au derrière pour déjouer mon système limbique.

Je suis d’abord allé prendre un café avec une amie. Deux heures à jaser de tout et de rien et à essayer de refaire le monde.

À la sorti du café, c’était cortex préfrontal 1; système limbique 0.

Je suis rentré chez moi et mon système limbique en a profité pour marquer un but. Retour à la case départ.

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Le drum et mon système limbique

Quand l’angoisse me pogne, je ramasse mes baguettes et je joue du drum.

Je ne fais pas que jouer, je m’efforce de trouver un rythme et de le maintenir.

Je peux jouer le même rythme pendant une vingtaine de minutes. Mon esprit est alors totalement concentré aux coups que je donne sur mon drum et à maintenir le même rythme.

C’est mon massothérapeute qui m’a fait comprendre que j’étais en train de déjouer mon système limbique.

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Des vieux, des dépressifs, des anxieux, de la condition humaine, des « influenceurs » et de l’espérance de vie

Ça annonce un programme lourd, direz-vous. Mais tout se tient, faut juste lire jusqu’à la fin…

L’espérance de vie, d’abord.

80,8 ans.

84,5 ans.

C’est l’espérance de vie au Québec pour les hommes et les femmes.

Quand on y pense, c’est court une vie, quand on la regarde d’une perspective plus large.

Homo sapiens existe depuis 200 000 ans.

La Terre, elle, a 4,5 milliards d’années.

L’Homme n’est qu’un clin d’oeil dans l’histoire de notre planète. Et nos 80 ans sur Terre un procaryote à l’échelle moléculaire.

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Quand les images sont plus fortes que les mots

Je viens de découvrir Nick Seluk, un illustrateur américain, créateur de la bande dessinée Awkward Yeti.

> The Awkward Yeti

En collaboration avec l’une de ses lectrices âgée de 16 ans, Seluk a imaginé une bédé pour illustrer l’anxiété et la dépression.

C’est franchement génial.

C’est génial parce que c’est parfois tellement difficile de faire comprendre la dépression avec des mots.

Les images de Seluk, elles, frappent droit dans le mille. Continuer à lire « Quand les images sont plus fortes que les mots »