Le drum et mon système limbique

Quand l’angoisse me pogne, je ramasse mes baguettes et je joue du drum.

Je ne fais pas que jouer, je m’efforce de trouver un rythme et de le maintenir.

Je peux jouer le même rythme pendant une vingtaine de minutes. Mon esprit est alors totalement concentré aux coups que je donne sur mon drum et à maintenir le même rythme.

C’est mon massothérapeute qui m’a fait comprendre que j’étais en train de déjouer mon système limbique.

C’est l’un des rares effets positifs de ma dépression, du moins pour l’instant. J’apprends plein de nouvelles affaires qui m’étaient jusqu’alors inconnues. Comme le fonctionnement du système limbique. Et qu’il est possible de le déjouer.

Le système limbique, mieux connu sous le nom de cerveau émotionnel, est « le nom donné à un groupe de structures de l’encéphale jouant un rôle très important dans le comportement et en particulier, dans diverses émotions comme l’agressivité, la peur, le plaisir ainsi que la formation de la mémoire », selon Wikipédia.

Je joue du drum, mais je pourrais aussi jouer à Tétris.

En janvier dernier, des chercheurs suédois ont découvert que le fait de jouer à Tétris aidait considérablement des personnes victimes d’un choc post-traumatique.

> Post-traumatic stress disorder : alleviating flashbacks by playing Tetris

Le simple fait de jouer à Tétris environ 25 minutes par jour réduirait de façon importante les flash-back douloureux.

En gros, le fait d’être occupé à une tâche simple mais répétitive aide à déjouer le système limbique.

Je peux confirmer que ça fonctionne. Vingt minutes de drum me font le plus grand bien et diminuent l’angoisse de façon substantielle.

Dans le fond, c’est aussi la même chose avec ce blogue. Je sais que ça me fait du bien, mais je ne savais pas que j’étais en train de déjouer mon système limbique.

Je dois placer un mot un après l’autre pour faire un tout cohérent. Mon cerveau est concentré à la tâche.

Sauf que le système limbique n’est pas si facile à déjouer. Le temps d’une feinte ou deux, ça fonctionne. Mais le match dure plus que trois périodes. Et le système limbique est mené par un génie de la défense, qui possède une expertise de plusieurs milliers d’années.

La clé, c’est de persévérer.

Ça me fait penser aux boxeurs qui adoptent la stratégie de laisser l’adversaire les rouer de coups jusqu’à l’épuisement. Et en finir au 15e round.

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Vivons-nous dans une société en déficit d’empathie ?

C’est un peu la question posée par Charles-Antoine Barbeau-Meunier, chercheur à l’Université de Sherbrooke.

> L’empathie, la clé pour résoudre les crises sociales

Selon lui, l’empathie est la clé pour résoudre les crises sociales.

« En ce moment, le leadership de nos sociétés ne répond pas à nos besoins. Nous sommes dans une logique de compétition et de performance dans toutes les sphères de notre vie. Le modèle économique est devenu notre modèle social. »

En entrevue à La Tribune, Charles-Antoine Barbeau-Meunier appelle à un changement de paradigme où les relations humaines et l’apport aux autres seraient au centre des décisions.

« Le leadership empathique est l’enjeu crucial de notre époque. Nous sommes dans une époque qui traverse beaucoup de crises : effritement social, solitude, santé mentale, enjeux climatiques… Ce sont des enjeux de société profonds et intimidants, mais au final, ils appellent tous à la même chose : à l’empathie. Il s’agit de la colle de la société. »

Ça revient à la question que je posais dans un autre billet au sujet de la condition humaine.

> Des vieux, des dépressifs, des anxieux, de la condition humaine, des « influenceurs » et de l’espérance de vie

Mais tout n’est pas noir et sombre.

L’histoire de Marco Veilleux et de sa voisine de palier, Marie-Paule, est inspirante.

> Tout nu dans l’écoute

La chroniqueuse du Devoir, Aurélie Lanctôt, raconte l’histoire de Marie-Paule qui, à la veille de ses 90 ans, s’est mise à aller frapper chaque jour à la porte de son voisin, Marco. Et lui qui a décidé chaque fois de lui ouvrir sa porte.

S’il n’y a qu’un seul texte que devez lire aujourd’hui, à part ce billet évidemment (!), c’est cette chronique lumineuse, qui donne espoir dans Homo sapiens.

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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