Jam du vendredi soir

J’ai déjà dit que la musique était une affaire de famille.

Mon père est musicien.

Je le suis peu, bien modestement.

Mon fils l’est aussi.

Des trois, je crois que c’est David le plus talentueux. Surtout qu’il apprend vite le p’tit criss. Il a l’oreille musicale, le sens de la mélodie et le sens du rythme.

J’aurais tant aimé commencer à son âge. Mais bon, il n’est jamais trop tard. J’ai commencé fin trentaine. Mais je ne suis quand même pas si pire. C’est moi qui joue à la batterie cette fois-ci. Instrument dont je joue depuis un mois à peine sans avoir jamais suivi un seul cours.

Fiston étudie à Sherbrooke. Quand il passe chez moi, quand on a le temps, on se fait un petit jam père-fils.

Ce soir, ça donné ça. Pour ne pas me casser la tête, j’ai intitulé ça Jam du vendredi soir. Original, non ? 😉

 

Continuer à lire « Jam du vendredi soir »

Les ###%%%*** de crises d’angoisse et le tabarnak de chemin de Chambly

Ça allait pas pire ce matin.

Pas pire, ça veut dire beaucoup pour moi.

Je me suis réveillé un peu angoissé, mais pas trop.

Un peu le moton en allant faire prendre la marche matinale de mon chien.

Un peu angoissé et juste des motons, c’est comme des vacances pour moi.

J’ai même reçu un appel de mon ami et ancienne douce moitié syndicale, ce bon vieux Charles Côté.

Bref, la journée était bien commencée, dans les circonstances.

J’avais une course à faire avant de partir pour le CHUM. Ça impliquait de prendre le « formidable » chemin de Chambly.

Quant tout va bien dans ta vie, le chemin de Chambly, c’est quand même une sorte d’épreuve. Il y a quelques artères comme ça, qu’on préfère éviter. Le chemin de Chambly en fait partie.

Continuer à lire « Les ###%%%*** de crises d’angoisse et le tabarnak de chemin de Chambly »

Non, je ne chanterai pas dans les corridors du CHUM

J’ai eu mon 15e traitement hier.

C’était un moment important parce qu’on évaluait alors si les traitements fonctionnaient dans mon cas.

En gros, je réponds aux mêmes questionnaires que ceux que j’ai rempli avant de commencer les traitements.

Ça mesure les symptômes dépressifs et le niveau d’anxiété/angoisse.

J’étais justement anxieux de connaître les résultats.

J’avais alors l’impression que quelque chose se passait depuis une semaine.

Rien de spectaculaire.

Continuer à lire « Non, je ne chanterai pas dans les corridors du CHUM »

Le bonheur et les officines du CHUM…

C’était la journée mondiale du bonheur aujourd’hui.

J’avoue que je n’ai rien fait de spécial pour célébrer.

Trop occupé à travailler fort dans les coins pour retrouver toute ma tête.

Et non, je ne lis pas le livre Mon projet bonheur avec son programme en 12 semaines pour atteindre le nirvana.

J’ai pris la couverture en photo, sous le choc de voir que de telles sottises ont leur place en librairie.

Mais dans le fond, ce n’est pas si étonnant. Je l’ai dit, on vit dans la dictature du bonheur.

Pas surprenant qu’il y ait des livres nous promettant le bonheur en 12 semaines. Ça doit se vendre comme de petits pains chauds.

Je devrais plutôt tenir un blogue sur le bonheur et inventer moi aussi ma recette pour le nirvana.

Continuer à lire « Le bonheur et les officines du CHUM… »

De la fiction pour déjouer le cerveau

En attente pour mon 13e traitement au CHUM. Qui sera suivi du 14e et du 15e d’ici la fin de l’après-midi.

L’une des composantes les plus importantes de ma dépression, c’est les crises d’angoisse.

Je l’ai expliqué, mon cerveau a reçu trop de cortisol, l’hormone du stress, pendant une trop longue période de temps sans possibilité de prendre un break.

Résultat : ma tête me joue des tours et imagine le danger partout dans mon quotidien.

Je l’ai aussi dit souvent : écrire me fait du bien quand j’angoisse.

Je ne fais pas que ça. Je fais du sport. J’essaie de méditer quand l’angoisse n’est pas trop intense. J’arrose mes fines herbes. Je fais de la musique. Et parfois, je ne fais rien du tout. Bloqué par l’angoisse qui a quelques victoires à son actif.

Mais écrire me fait vraiment du bien.

Je tente une nouvelle approche aujourd’hui. La fiction.

Continuer à lire « De la fiction pour déjouer le cerveau »

Quand la stimulation machin côtoie la détresse humaine

Est-ce que ca fonctionne la stimulation machin?

Aucune idée.

Pour moi, du moins, il est trop tôt pour se prononcer. Paraît qu’il faut attendre une quinzaine de traitements avant de porter un premier jugement.

Dans mon cas, ce 15e traitement aura lieu demain, en fin de journée.

Je me croise les doigts.

///

La vue est magnifique au 11e étage du CHUM, dans la salle d’attente où je vais entre mes traitements.

La vue sur l’extérieur est magnifique, mais à l’intérieur, je côtoie la détresse humaine.

Continuer à lire « Quand la stimulation machin côtoie la détresse humaine »

Murray Wilson et le bonheur

À mon bureau, où je ne suis pas allé depuis septembre dernier, se trouve bien épinglé sur mon babillard une liste, plutôt longue, des journées internationales. Drôle d’idée, direz-vous.

Disons que la liste contient parfois des thématiques plutôt inusitées.

Il existe une journée mondiale du pop-corn et une journée mondiale de la plomberie.

Ça me fait bien rigoler et je me disais que je trouverais bien une façon d’en faire un sujet un de ces jours.

Ce qui m’amène au bonheur, un de mes sujets de prédilection.

Continuer à lire « Murray Wilson et le bonheur »

Le taux de suicide a doublé aux États-Unis. Et ça devrait tous nous inquiéter

Entre deux traitements au CHUM cette semaine, je suis tombé sur cet article du magazine Times.

Depression and Suicide Rates Are Rising Sharply in Young Americans, News Report Says

Entre 2009 et 2017, aux États-Unis, le taux de suicide des 14-17 ans a doublé.

Le double. En 8 ans.

Rien que d’y penser…

Continuer à lire « Le taux de suicide a doublé aux États-Unis. Et ça devrait tous nous inquiéter »

Pat Burns, l’immigration, le baseball et un peu de science-fiction

Avouez que c’est un bon titre…

Je vais en effet aborder ces quatre sujets dans ce billet.

Je vous rassure par ailleurs, je n’ai nullement l’intention de faire le débat qui divise le Québec au sujet de l’immigration.

Je veux juste relater un fait, peut-être anecdotique, mais qui ne me semble pas banal.

Mon psychologue est d’origine libanaise. Son nom ? Ghassan El-Baalbaki.

Mon psychiatre s’appelle Mohammed Zaari Jabiri. Il est d’origine marocaine.

Continuer à lire « Pat Burns, l’immigration, le baseball et un peu de science-fiction »

Les « moments lamantins »

Je n’ai pas vraiment pris le temps d’y réfléchir alors que je tentais de photographier un lamantin.

Il y avait ma fille qui, même à 25 ans, était excitée comme une fillette.  » Sont trop cutes ! » répétait-elle.

Mon fils, lui, trouvait ce mammifère plutôt rigolo avec sa drôle de forme.

En appuyant sur le bouton de mon appareil photo, je n’ai pas pris le temps de savourer cet instant.

J’étais en train de photographier l’un des 40 000 lamantins encore en vie sur notre planète.

Dans les Caraïbes, l’espèce était en voie de disparition jusqu’à récemment. Elle est maintenant répertoriée espèce menacée. En Floride, il y aurait maintenant un peu plus de 6000 lamantins.

Les gens présents au quai d’observation des lamantins étaient tous dans le même état d’esprit. Tous excités de voir un lamantin ET de le photographier.

Personne, moi le premier, ne prenait la mesure de ce moment.

C’est vrai, il y a des espèces plus menacées que d’autres. N’empêche…

J’ai quand même déjà photographié une rainette faux-grillon, pas mal plus difficile à mettre en boîte qu’un lamantin 😉

Mais restons avec les lamantins.

Tout ça me rappelle que notre vie est constituée « de moments lamantins ». De ces instants présents dont il faut profiter. Je le savais un peu, mais on a aussi tendance à l’oublier. En dépression, on l’oublie beaucoup.

Je sais, ça sonne le jovialisme.

Mais mathématiquement parlant, notre existence est une accumulation d’instants présents.

On a intérêt à maintenir une bonne moyenne au bâton dans notre appréciation des instants présents.

Sinon, notre existence risque d’être moins agréable. D’autant plus que les instants présents, eux, ne sont pas toujours agréables.

Parce qu’il nous faut aussi apprendre l’art subtil de dire  » I don’t give a Fuck ! »

C’est donc un sacré exercice d’équilibre qui nous attend.

Et qui m’attend moi aussi pour me reconstruire.

Je dois travailler fort là-dessus présentement. Vivre dans l’instant présent. Quand les souffrances te rattrapent au réveil ou en plein milieu d’après-midi, c’est plus dur. Mon passé me rattrape et mon hamster se met à tourner.

Mon psychiatre m’a dit lors de notre première rencontre que les journalistes n’étaient pas les patients les plus faciles à traiter. On réfléchit trop, paraît-il.

On a le hamster musclé, capable de tourner longtemps sans s’essouffler.

Le mien est pas pire. Bien entraîné. Il n’est pas si musclé, mais il a un cardio d’enfer, comme son propriétaire, dont le coeur bat entre 55 et 60 pulsations par minute au repos.

Le hamster, lui, n’est pas une espèce menacée, au contraire.

Il faudrait lui accorder moins d’importance et en donner un peu plus au lamantin.

Premier avantage, ce mammifère marin est trop gros pour entrer dans notre tête.

On ne peut donc que l’observer et profiter de l’instant présent.