De déchets et de journalisme

C’est au tour de l’Indonésie de retourner des dizaines de conteneurs remplis de déchets vers la France, les États-Unis, l’Allemagne et Hong Kong.

Les pays d’Asie en ont ras-le-bol de servir de dépotoir pour l’Occident.

> L’Indonésie va renvoyer des déchets en Europe et aux États-Unis

Comme les Philippines qui ont retourné 69 conteneurs remplis de cochonneries vers le Canada.

> Pôpa et ses poubelles

Je trouve que cette histoire de déchets envoyés dans les pays en développement est une belle métaphore de notre société moderne.

J’ai comme l’impression que les pays occidentaux pourraient se réveiller un beau matin dans une mare de déchets qui leur appartiennent, mais dont ils ignoraient l’existence.

En fait, cette ignorance est volontaire.

Combien de gens font ça : jouer à l’autruche jusqu’à ce qu’un jour le burn-out, la dépression ou les troubles anxieux les rattrapent.

C’est ce qui arrive à plein de gens : un beau matin, un conteneur plein de déchets leur tombe dessus. Ce sont leurs déchets qu’ils croyaient enfouis à jamais.

Des déchets envoyés ailleurs en espérant ne plus jamais en entendre parler.

Et il semble qu’on va devoir (enfin) assumer les conséquences de nos gestes.

Ça se passe exactement comme ça dans la vie d’une personne. Jouer à l’autruche, c’est peut-être payant à court terme, mais la facture finit par être salée, parfois très salée.

Jouer à l’autruche, que ce soit en matière de déchets ou dans la vie de tous le jours, ça veut dire qu’on continue à faire comme d’habitude. Business as usual.

Il semble bien que pour nos déchets, ça sera de plus en plus difficile.

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Jouer à l’autruche, c’est aussi se fier toujours aux mêmes indicateurs pour mesurer le progrès. On sait bien que ça ne va pas si bien, mais tant qu’il y a des chiffres qui peuvent dire le contraire, pourquoi s’en préoccuper ?

« Pourtant, en apparence, tout baigne pour les Américains. »

C’est le constat que fait Richard Dupaul dans La Presse.

> Les États-Unis, un pays riche où l’on meurt plus tôt

Comme il le fait si bien, si souvent, Richard met le doigt sur le bobo avec une précision quasi chirurgicale.

Il nous montre l’autre côté de la médaille.

Ici, les indicateurs économiques cachent souvent une autre réalité.

« Ce mois-ci, les États-Unis enregistreront la plus longue phase d’expansion économique depuis la Seconde Guerre mondiale, soit 10 ans de croissance ininterrompue. En prime, le chômage est à un creux historique, la Bourse caracole à des sommets, les taux d’intérêt sont au plancher… »

Ça, ce sont les chiffres qu’on observe habituellement pour mesurer l’état de santé d’un pays. Mais comme l’écrit Richard, le patient américain n’est pas en aussi bonne santé qu’il n’y paraît.

Les indicateurs sociaux, eux, ne sont pas aussi reluisants.

Inégalité de la répartition de la richesse, baisse de revenus pour plusieurs ménages par rapport à… 1983 ! Taux de suicide en hausse et espérance de vie en baisse.

Tout ça dans le pays le plus riche du monde.

Me semble que l’espérance de vie est un indicateur drôlement important.

La vie, tsé.

Quand on se préoccupe de tout ce qui tourne autour, mais pas de la patente elle-même.

La Nouvelle-Zélande a décidé récemment de faire le contraire. Aucune idée si ça va fonctionner. Les promesses de politiciens, parfois…

> Quand les images sont plus fortes que les mots

Mais si ça fonctionnait ?

Ça serait cool si les pays se comportaient alors comme les équipes de la LNH face au champion de la Coupe Stanley.

Chaque année, le gagnant devient le nouveau modèle à suivre.

On peut rêver…

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Je suis tombé sur cette image partagée par Pierre St-Arnaud sur Facebook.

Je trouve que ça explique ce que je cherche à comprendre moi-même à mon sujet.

Je suis un journaliste en dépression.

D’abord écrire me fait du bien, comme je l’ai dit souvent. Ça m’aide à gérer mes angoisses.

Ensuite, je réalise que c’est ce que je fais, toujours, en dépression ou pas. Porter attention à ce qui se passe.

C’est sûr que ce qui m’arrive me porte à regarder le monde différemment.

Certains pourraient dire que je fais de la distorsion cognitive. Sauf que la distorsion cognitive, je l’applique surtout en ce qui me concerne, moi. La maladie fait parfois en sorte que je me dévalue ou encore que j’ai de la difficulté à voir l’espoir derrière les nuages.

Mais comme je sais que je fais de la distorsion cognitive, j’ai mes trucs pour la déjouer.

Pour le reste, je crois plutôt que cette pause nécessaire et douloureuse me permet de voir les choses avec un autre regard. La souffrance, la mienne, me fait voir autre chose. Il y a du bon et du mauvais.

Mais une chose est sûre, le journalisme n’est pas un métier facile dans le contexte actuel.

On devrait mieux prendre soin de nos journalistes, ces témoins de la société. D’une société qui ne tourne pas toujours rond.

Ce que raconte Paul Houde ce matin, c’est le lot de presque tous les journalistes, à une intensité variable, selon le sujet ou qu’on soit un homme ou une femme.

> Un coup de poing électronique, ça fait mal

C’est un peu comme nos déchets qu’on envoie ailleurs.

C’est tellement plus facile d’attaquer les témoins de la société que de faire face aux problèmes qu’ils dénoncent.

 

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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