Merci, juge Gascon

Le juge Clément Gascon, de la Cour suprême, est un homme de courage.

Il vient de lever le voile sur la dépression et les troubles anxieux qui l’affligent.

> Le juge Clément Gascon lève le voile sur sa dépression

Moi qui ne fait pas de cachettes de mon état, je suis rempli d’admiration pour cet homme.

Il aurait pu ne rien dire. Il aurait pu prétexter un quelconque malaise en guise d’explications pour sa disparition de la semaine dernière.

Il a choisi la transparence. Il a choisi le courage.

Parce que ce n’est pas si facile que ça, même en 2019, faire cet aveu criant d’humanité.

« Depuis plus d’une vingtaine d’années, je conjugue avec une maladie parfois sournoise, la dépression et les troubles de l’anxiété. C’est une maladie qui se soigne, se traite et se contrôle, certains jours mieux que d’autres. »

La déclaration du juge Gascon m’a profondément ému. Il occupe quand même l’une des fonctions les plus importantes et les plus prestigieuses au pays.

Et elle me redonne du courage, qui se montre quand même plus souvent depuis quelques jours.

N’empêche, je suis comme le juge Gascon. Je suis affligé d’une maladie qui se soigne, se traite et se contrôle, certains jours mieux que d’autres.

Je sais exactement de quoi il parle. C’est le jeu cruel de Serpents et échelles, version dépression.

Le juge Gascon vient aussi nous rappeler que la dépression et les troubles anxieux peuvent frapper n’importe qui.

Ce n’est pas affaire de manque de volonté, de paresse.

Le juge Gascon vient également nous rappeler que la dépression et les troubles anxieux n’empêchent pas de mener une vie productive et utile à la société.

Bref, le juge Gascon vient d’envoyer un solide jab au tabou qui entoure la santé mentale.

Un homme en plus, qui donne l’exemple, alors que les hommes sont beaucoup moins nombreux que les femmes à aller chercher de l’aide en pareilles circonstances. Pire, ils sont moins nombreux tout court à admettre qu’ils souffrent.

Merci, juge Gascon, de nous rappeler notre humanité.

Merci de nous rappeler que la vie est faite d’ombre et de lumière.

Merci pour votre courage et votre lucidité.

Bref, merci, juge Gascon !

p.s. : crédit pour la photo, Cour suprême du Canada

 

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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