52% et des poussières

C’est la hausse du nombre d’interventions auprès de personnes en crise, à l’état mental fragile, juste à Montréal.

52%

> À lire ici : Un filet de sécurité pour les personnes en crise

Comme dirait le Moose Dupont, c’est des pour cent en ta !

Je l’ai écrit souvent, je suis chanceux dans ma malchance.

J’ai souvent mal en criss, mais j’ai mes enfants, des amis. Je suis bien entouré.

Je suivi par un psychiatre extraordinaire.

J’ai les moyens de me payer un psychologue.

Tout le monde n’a pas cette chance.

Et puis, une hausse de 52% en 10 ans…

Shit.

La santé mentale, un gardien de la LNH et le tabou

Il est finaliste au trophée Vézina, qui consacre le meilleur gardien de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Ça n’a pourtant pas été si facile de trouver une équipe qui accepte de lui faire signer un contrat.

Pourquoi ?

La santé mentale.

Le gardien en question, c’est Robin Lehner, des Islanders de New York.

L’été dernier, on lui a diagnostiqué un trouble bipolaire de type 1 ainsi qu’un choc post-traumatique, rapporte le New York Post.

> Robin Lehner confronted mental illness and he is now an elite goalie

À la fin de l’été, 8 ou 9 équipes étaient intéressés à ses services, selon Lehner.

Sauf que le gardien et son agent ont décidé d’être transparents au sujet de sa maladie et d’en informer les équipes.

Résultat ?

Seulement deux équipes étaient toujours intéressées au gardien suédois.

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Mon chien d’assistance à moi

Je viens de lire Marc Séguin dans La Presse et j’ai eu le moton, je dois l’avouer.

> Le chien de Pâques

Séguin raconte sa séparation à venir avec son chien Mira.

Il savait exactement dans quoi il s’embarquait au moment de prendre ce chien pour 6 mois. Il savait que la séparation serait difficile. Il savait qu’il s’attacherait au chien. Il savait que les larmes seraient au rendez-vous.

Mais il l’a fait quand même.

Il résume de façon magnifique sa démarche.

« Mes larmes seront les sourires d’un autre. »

Ce qui m’amène à parler de mon chien.

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La musique adoucit les moeurs (et la dépression)

J’ai composé plusieurs pièces depuis septembre dernier. J’en ai réécoutées plusieurs et j’ai jugé que certaines d’entre elles méritaient une deuxième chance.

C’est mon humble avis, remarquez bien.

Je maîtrise un peu mieux (bien modestement) les techniques d’enregistrement et de production sonore.

Je me suis inscrit sur Bandcamp. Loin de moi l’idée d’y faire fureur. Mais c’est là que les musiciens partagent leur musique.  C’est toujours intéressant d’avoir l’avis d’un musicien sur son propre travail. On verra bien.

Là encore, ce sera un work in progress

Daniel Bélanger n’a pas à s’inquiéter, ne serait-ce qu’une milliseconde 😉

Encore là, c’est juste une façon de gérer mes angoisses. Pendant que j’enregistre, que je cherche les arrangements, que je mixe, mon esprit n’est nul part ailleurs.

Et c’est tant mieux.

Alors je vous invite à écouter à nouveau les deux premières que j’ai enregistrées une deuxième fois avec de nouveau arrangements…

> Les criss de journées

> La balade du nain qui voulait divorcer de ses parents

Sur ce, je retourner à ma criss de journée.

 

Un scaphandrier qui essaie de courir un marathon

C’est difficile à décrire, une dépression.

Il y a toutes sortes de sentiments qui nous habitent.

J’ai entendu récemment une des plus belles images qui décrit comment on peut se sentir. J’ai demandé la permission de me l’approprier. Permission qui m’a été accordée.

Être en dépression, c’est comme porter un scaphandre de plongée et essayer chaque jour de courir un marathon.

Ça m’a fait tout de suite penser au film Men of Honor, qui raconte l’histoire du premier plongeur noir de la Marine américaine.

Carl Breashear a un jour perdu un jambe et il a dû faire la preuve par la suite qu’il pouvait marcher avec un scaphandre sur le dos qui pesait une tonne. Enfin, bref, c’était très lourd.

> Voir Cuba Gooding jr interprétant Carl Brashear marchant avec un scaphandre sur le dos

Chaque jour, tu portes un foutu scaphandre. C’est ça la dépression.

Personne ne voit ton scaphandre. Il n’y a que toi qui sait que tu en portes un.

Et tu dois faire de fucking petits pas avec cet attirail sur le dos.

C’est ça la dépression.

J’espère que ceux qui comprennent mal ce que c’est, une dépression, ont maintenant une meilleure idée du courage que ça prend. Porter chaque jour un scaphandre et essayer d’avancer.

Rien que ça.

 

 

Je suis en tabarnak (bis)

La cathédrale brûle. Sauvons la cathédrale.

Déjà un milliard d’euros, soit 1,5 milliard canadien, ont été promis par de grandes fortunes françaises pour rebâtir l’un des symboles de Paris.

Tant mieux pour Notre-Dame.

Une précision ici : mon objectif n’est pas de mettre en opposition la catastrophe de Notre-Dame-de-Paris avec les misères humaines.

D’habitude, je dis bien d’habitude, ce qu’on donne à une « cause » n’enlève pas nécessairement des sources de financement à une autre « cause ».

Mais je me pose quand même la question : il était où tout cet argent avant que les flammes ne s’attaquent à Notre-Dame ?

Ce ne sont pas les bonnes causes qui manquent pourtant.

Je sais, je suis naïf.

Il y a l’extraordinaire visibilité que procure « l’événement » aux riches donateurs.

Les donateurs recevront aussi jusqu’à 60% en retour d’impôts pour leurs généreuses contributions.

Mais quand même…

Il y a de l’argent, ça c’est sûr…

///

Ces jours-ci, tout le monde est Notre-Dame-de-Paris.

Comme tout le monde était Charlie, après l’attentant contre l’hebdo français.

J’ai hâte que tout le monde, il soit en tabarnak, comme le suggérait Patrick Lagacé dans sa dernière chronique.

Tiens, au Québec, nous aurions pu être Émilie Houle après avoir appris le suicide de cette jeune infirmière.

Tout le monde sur Facebook : Je suis Émilie Houle. C’est fort, ça comme message.

On se plaint du système. Mais le système ne va pas changer sans recevoir quelques coups de pieds au cul.

Et le système n’est pas le seul responsable.

Notre apathie générale y est pour beaucoup.

J’écris ce billet alors que je suis en dépression et que la tabarnak d’angoisse me tenaille encore.

Come on, je patine sur une jambe et je suis blessé au haut du corps. Et c’est moi l’un des premiers sur la rondelle ?

Le monde ne tourne pas rond. Et ça n’a aucun rapport avec la forme de la Terre.

Il n’y a pas que Notre-Dame qui brûle. Le saviez-vous ?

 

Note à Patrick Lagacé : j’ai dépassé le stade du tabarnak

Je me suis senti interpellé par toi, Patrick, ce matin.

Est-ce que je suis en tabarnak ?

Mets-en que je suis en tabarnak !

Mais j’ai aussi dépassé le stade du tabarnak.

Et j’hais ça parfois avoir raison.

C’est ce que j’écrivais le 13 avril.

Je suis en arrêt de travail depuis septembre pour cause de dépression et j’écris là-dessus, sur ce blogue, depuis octobre.

Si tu fais le tour de mon blogue, tu vas trouver plein de billets où je ne parle que de ça.

Surtout de l’immense tabou qui persiste encore.

C’est comme une enquête d’Hugo Meunier, cher Patrick. Sauf que je ne me suis pas infiltré chez Wal-Mart, mais je me suis invité dans le monde de la dépression.

La vivre de l’intérieur pour pouvoir mieux la raconter. Ce n’était pas une affectation, évidemment. Je ne suis pas maso à ce point. J’imagine la tête de Martin Pelchat alors que je lui proposerais mon idée d’enquête sur la dépression vue de l’intérieur 😉

Mais qu’est-ce que je raconte justement ?

D’abord que ça fait mal en criss. Une douleur que je ne croyais pas possible. Une douleur qui fait en sorte que, oui, parfois, tu veux mourir pour arrêter de souffrir.

Je ne m’étendrais pas là-dessus. L’objectif n’est pas de parler de moi aujourd’hui. Je pense néanmoins que ça me donne une certaine crédibilité pour parler de tout ça.

C’est plate à dire, Patrick, mais si la santé mentale n’est pas une priorité pour nos gouvernements, c’est parce que ce n’est pas une priorité pour les gens.

Il y a le fameux tabou encore très fort.

Je pourrais te parler longtemps du tabou. Je l’ai vu. Je l’ai vécu. Je l’ai entendu.

Ce qui est absurde, c’est qu’on vit dans une société où l’individu est roi.

Et pourtant, jamais nous n’avons pris si peu soin des individus. Du moins pour la partie la plus importante d’homo sapiens : c’est-à-dire notre tête.

J’ai écrit là-dessus.

On n’a jamais si peu pris soin des individus.

Ce billet s’inspire d’un lumineux texte publié dans le New York Times.

Nous vivons dans la dictature du bonheur. Dans un monde où il n’y a pas de place pour la souffrance. Parce que ça dérange. Il y a encore trop de gens qui détournent le regard face à la souffrance. Surtout celle entourant la santé mentale.

On s’indigne un peu, beaucoup. On écrit au chroniqueur pour lui dire combien nous sommes choqués. Et on retourne laver notre nouvelle Mazda qui nous promet le bonheur au volant.

Il faut que le système change, évidemment.

Il y a des aberrations qu’on ne peut plus tolérer.

Mais changer le système ne sera pas suffisant.

Sais-tu Patrick qu’il y a plus de morts au Québec par suicide que lors d’accidents de la route ?

Il y a 950 suicides par année contre 600 décès sur nos routes.

J’aimerais ça voir des publicités aussi percutantes pour la santé mentale que celles de la SAAQ. On nous montre carrément les conséquences de la distraction au volant, par exemple.

Voir une pub où une mère lit en pleurant la lettre de son fils qui vient de se suicider, par exemple. Ouch.

Mais c’est ça la fucking réalité.

S’ils ont besoin d’aide, j’ai plein d’idées.

C’est ben écoeurant quand on le lit dans le journal. Mais on lit tellement d’affaires dans le journal.

Je suis d’accord avec toi, il va falloir que les gens ne soient pas juste choqués. ll faut qu’ils soient en tabarnak.

Qu’est-ce que ça prend pour qu’ils soient en tabarnak ? Tout un défi, ça !

J’ai ma petite idée. Faut continuer de leur raconter ce qu’ils ne veulent pas vraiment lire, entendre ou voir.

Tsé, l’an prochain, la dépression sera la deuxième cause d’invalidité dans le monde.

Tsé , les troubles anxieux conduisent de plus en plus de jeunes à l’hôpital.

Mais faut pas juste leur donner le portrait, faut montrer la souffrance. Comme Caroline et Katia l’on fait dans leur excellent dossier. Ça en prend d’autres.

On vit dans une société malade. Tu trouves que j’exagère ?

Pourtant, tous les indicateurs sont au rouge. Il y a tout plein d’experts qui le disent.

Mais par où commencer ?

J’ai une amie qui m’a écrit ce matin, après avoir lu ta chronique. Elle suggère d’organiser une grande marche pour la santé mentale. Pas fou, comme idée.

J’espère que plein de gens vont s’y joindre. Ça serait le premier signe qu’il y a de l’espoir.

Que l’indifférence souvent généralisée fait place à la colère. Que des gens commencent enfin, eux aussi, à être tabarnak. Et qu’ils ont envie de le dire haut et fort.

Bref, qu’homo sapiens existe encore.

p.s. : même les résidences pour personnes âgées vendent le bonheur…. une vulgaire marchandise, comme le spa, le gym ou la cuisine gastronomique…

 

Par ici la vie à 52 ans

C’est l’âge que j’ai aujourd’hui. Nous sommes lundi, mais comme je suis plutôt fier de cette pièce Un samedi soir sur terre, ben je la replogue à nouveau. Elle me fait du bien et me donne de l’espoir. Parce qu’il y a encore des fucking petits pas à faire.

 

Cinquante-deux ans, c’est à la fois plutôt jeune et aussi un peu vieux. Ça dépend comment on voit les choses.

Je peux me dire qu’il me reste des tas de bonnes années à vivre ou encore que je vais avoir 60 ans dans huit ans.

Sauf que ça ne clique pas dans ma tête. J’ai bien quelques bobos et je passe au travers de la période la plus difficile de ma modeste existence, mais je me sens encore comme un petit cul.

Pas aussi souvent que je le voudrais, because la dépression, mais je sais que le p’tit cul est encore là. Je travaille fort à lui donner la place qui lui revient.

Dans les dernières semaines, j’ai revisité une pièce que j’avais composée en 2012.

Elle s’appelle justement Rédemption. Je l’avais écrite dans un période plutôt difficile où je prenais la décision de reprendre mon nom.

Voici la version originale :

 

Voici une première reprise, version acoustique :

 

Et une autre enregistrée avec ma Fifth Avenue :

 

Laquelle de ces version préférez-vous ?

p.s. : Merci à tous pour vos bons mots, ça fait plaisir. Particulièrement par un lundi pluvieux.

p.s.+ merci à mon ami Chistian Boudreau qui m’a fait parvenir cette magnifique photo !

Les idées suicidaires sont à la mode

C’est un titre très macabre, j’en conviens. Pas drôle du tout.

Sauf que c’est la stricte vérité.

Le 16 mars, j’avais écrit un billet au sujet de la dépression en forte hausse chez les jeunes aux États-Unis. Les cas de dépression ont grimpé de 60% au sud de la frontière. Le suicide est en hausse de 50% chez ces mêmes jeunes.

Le taux de suicide a doublé aux États-Unis. Et ça devrait tous nous inquiéter.

Et maintenant, les mêmes mauvaises nouvelles au Québec.

Entre 2015 et 2018, le nombre de jeunes qui ont été vus aux urgences de l’Hôpital de Montréal pour enfants pour des gestes ou des idées suicidaires a augmenté de 55%.

La nouvelle est ici : Hausse fulgurante des comportements suicidaires chez les jeunes

Le 16 mars, j’écrivais ceci à la fin de mon billet.

Bref, j’aimerais me tromper, encore une fois, mais je crains que ça ne pète dans un avenir plus ou moins rapproché.

Je n’ai pas toutes les solutions. Mais prendre le problème très au sérieux serait un premier pas dans la bonne direction.

Je ne sais pas trop quoi ajouter à ce billet.

J’ai juste envie de crier. TABARNAK !