Les leçons d’une dépression

Quelqu’un m’a demandé récemment quelles leçons je tirais de ma dépression.

C’est difficile de répondre à ça, puisque je ne considère pas être complètement remis.

Dans mon cas, reprendre le travail fait partie de ces étapes pour favoriser la guérison.

Je progressse dans la bonne direction, mais parfois, ces derniers pas peuvent aussi être difficiles.

Les leçons donc ou du moins celles que je tire jusqu’à présent…

J’ai découvert, pour la première fois de ma vie, à 52 ans, qu’une peine d’amour, ça peut faire mal en criss de tabarnak ! Une douleur que je ne croyais pas possible…

J’ai découvert que le stress est quelque chose de terriblement insidieux qui prend place et qui grandit lentement sans que tu t’en rendes compte.

J’ai découvert qu’il n’était pas nécessaire d’aller à la guerre pour subir un choc post-traumatique.

J’ai découvert la vraie solitude, celle où te sens vraiment seul au monde.

J’ai découvert la vraie souffrance, celle où tu es prêt à mourir pour ne plus souffrir.

Mais j’ai aussi découvert que je n’étais pas seul.

J’ai découvert, littéralement, des gens extraordinaires, qui m’ont apporté beaucoup de réconfort dans cette épreuve.

J’ai (re)découvert ce bon vieux cliché qu’il faut vivre un jour à la fois, parfois même une heure à la fois et même une minute à la fois.

J’ai découvert que c’était plus facile à dire qu’à faire ! Mais qu’à force de perséverer, on peut finir par y arriver.

J’ai découvert que notre cerveau n’est pas toujours notre meilleur allié, surtout en situation de grand stress.

Je le savais un peu, mais j’ai véritablement découvert que passer au-travers une dépression est un signe de grande force.

J’ai découvert que je comprenais les gens qui mettaient fin à leur jour. Ça reste une solution permanente à un problème temporaire. Mais parfois, la douleur est si vive que tu ne veux plus vivre tout simplement, quitte à mourir s’il le faut.

J’ai découvert une quantité effarante de gens qui souffrent. J’ai aussi découvert que mes mots à moi faisaient du bien à certains d’entre eux.

J’ai (re)découvert la valeur des choses et des gens.

J’ai découvert que l’humanité est la chose la plus importante qui soit dans notre expérience humaine qui dure si peu de temps sur cette planète.

Une humanité qui a tendance à disparaître à l’occasion.

J’ai découvert qu’il fallait d’abord s’aimer soi-même, chose qui n’était pas naturelle chez moi.

J’ai découvert à quel point j’étais fier de mes deux enfants, deux adultes merveilleux avec le coeur et les valeurs à la bonne place.

J’ai découvert le pardon et l’auto-compassion.

Pas évident ça, l’auto-compassion. Je suis du genre plutôt doué à me blâmer pour toutes sortes de choses.

J’ai découvert que la souffrance est inévitable. Mais qu’elle peut s’avérer une expérience profitable si on sait y faire.

C’est ce que je suis en train de faire, malgré les moments difficiles qui m’assaillent encore. Faire de cette souffrance une expérience profitable.

Faire de moi une meilleure personne.

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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