Un peu d’amour pour nos journalistes (prise 2)

Elle s’appelle Annie-Claude Brisson. Elle est journaliste au Quotidien, à Saguenay.

On ne se connait pas.

Je suis tombé sur l’un de ses textes grâce à Marie-Ève Martel.

> La passion comme profession

Tu permets que je te tutoie, Annie-Claude ?

Tu as si bien résumé ce que sont la majorité des journalistes. Des passionnés.

« Mon métier m’habite et je vous confirme qu’il ne prend pas de pause. Je réfléchis à voix haute à la maison, j’ai souvent des idées quand c’est rarement le bon moment et je me réveille même la nuit.

Le cellulaire et l’ordinateur portable ne prennent jamais congé, et ce, de soir comme de fin de semaine. Et mon calepin de notes n’est jamais bien loin. Il traîne au fond du sac à main avec une poignée de stylos. C’est tout ce dont j’ai besoin pour aller à votre rencontre. »

C’est ça être journaliste. Ta tête ne prends pas souvent de pause. Tu fais une balade en vélo, le samedi, et tout à coup, tu as un flash pour un reportage.

Le week-end, tu as un souper avec des amis, et en jasant te viens une idée de dossier.

« Il n’y a rien de plus gratifiant que de savoir que notre travail a permis de régler une situation, d’aider une personne ou de faire rayonner un projet. »

Encore là, tu vises en plein milieu de la cible.

Encore là, c’est à ça que carburent la majorité des journalistes.

Je ne connais pas beaucoup de journalistes qui ne rêvent pas, un peu, de changer le monde.

///

Ils ne sont pas parfaits, les journalistes. Ils font même des erreurs.

Mais la majorité est sincèrement motivée par l’idée de servir l’intérêt public.

Ils exercent, à mon sens, un métier noble. Ce sont les témoins de notre société.

Dans tout le débat entourant la crise des médias, la faillite de Groupe Capitales Médias, l’avenir du journalisme au Québec, on oublie un peu trop, je trouve, le dévouement et la passion de ses artisans.

Ça me fait toujours un peu mal de voir ces critiques injustes où les journalistes se font accuser des pires maux.

Car ce n’est plus de la critique, mais trop souvent du salissage et du démolissage.

Heureusement, ce n’est pas tout le monde qui pense ainsi.

///

Demain se tient la Commission parlementaire sur l’avenir des médias.

Je n’y serai pas cette fois-ci.

L’an passé, avant de me retrouver en arrêt de travail, j’ai témoigné à la Commission parlementaire concernant la vente de La Presse à une fiducie d’utilité sociale.

Déjà, il était question du travail des journalistes.

J’étais fier et honoré de pouvoir ainsi représenter tous les collègues de La Presse.

Si je devais témoigner à cette nouvelle commission, je parlerais du texte d’Annie-Claude Brisson.

Je parlerais de la passion et du dévouement des artisans de l’information, qui sont de moins en moins nombreux à faire ce travail.

On répète l’importance de l’information dans une démocratie.

Mais cette information n’existerait pas sans les journalistes. Elle n’existerait pas sans leur passion et leur volonté de servir l’intérêt public.

Ça serait une bonne idée de le rappeler…

p.s.: la photo qui coiffe ce billet est à la fois anecdotique et révélatrice d’une pensée qu’on retrouve quand même assez souvent sur les réseaux sociaux. Bref, il y a du travail à faire malgré tout pour regagner la confiance du public.

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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