Écrire pour son lecteur… dans 43 pays !

Écrire pour son lecteur, c’est le titre d’un livre sur le journalisme écrit par un prof français de journalisme.

Cette devise m’accompagne depuis 1988, à l’époque où je passais plus de temps à Continuum, le journal étudiant de l’Université de Montréal, que dans les salles de classe de sciences politiques.

Car Écrire pour son lecteur constituait la base d’un Guide du journalisme bâti au fil des ans par les équipes de Continuum.

Je suis arrivé à Continuum comme simple collaborateur. Puis, j’ai gravi les échelons, comme on dit. Je suis devenu chef de section et finalement directeur du journal.

Un journal publié chaque semaine à 20 000 exemplaires et dont les revenus publicitaires représentaient 80% du budget annuel.

Bref, c’est là que j’ai appris les bases du métier de journaliste pendant trois ans.

Et écrire pour son lecteur est la principale leçon que j’ai retenue de mes années Continuum.

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Écrire pour son lecteur est un concept assez simple. Ça veut tout simplement dire qu’on s’en préoccupe en tout temps. Ce n’est pas être complaisant ni tomber dans la facilité pour rejoindre plus de lecteurs. C’est se poser la question : est-ce que c’est clair et compréhensible.

Ça l’air niaiseux comme ça, mais ça ne l’est pas. C’est assez facile d’écrire des textes avec des zones d’ombre. Ça l’est moins de réviser sa copie plus d’une fois pour s’assurer que le tout est limpide.

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Pourquoi parler de ça aujourd’hui ?

Malgré le doute qui m’assaille encore, régulièrement, je continue d’écrire.

Ça m’aide à gérer mes angoisses et ça me donne l’impression d’exister encore. C’est important, ça, quand tu as l’impression que la principale chose que tu fais, c’est survivre.

Comme chantait Dédé Fortin, la vie c’est court, mais c’est long des p’tits bouttes.

J’écris, donc forcément, je mets en application tout ce que j’ai appris depuis 25 ans.

Dont cette devise : écrire pour son lecteur.

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Avant-hier, j’avais un peu le moral dans les talons. Je passe un coup de fil à un ami pour jaser.

Un moment donné, il me lance : « Tsé, ce que tu écris, c’est lu. Continue d’écrire. »

Il avait partagé quelques jours plus tôt un de mes billets et même sa fille avait réagi et s’était dite touchée par le texte.

Quand t’es pas en dépression, ça fait toujours plaisir ce genre de commentaire. Imaginez en dépression…

J’en ai profité pour jeter un oeil aux statistiques de mon blogue. Depuis mon premier billet en octobre dernier, j’ai eu 7400 visites en provenance de 43 pays différents.

Ça m’a un peu estomaqué. J’ai même eu un visiteur du Sri Lanka et un autre en Inde.

Je ne suis pas un expert pour évaluer ces chiffres, mais je me dit que pour un blogue qui parle de santé mentale, ça doit être pas pire…

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Les gens qui me lisent peuvent penser que je passe mon temps à gratter le bobo et me rouler en petite boule dans ma dépression et mon trauma. Ce n’est pas le cas.

Chaque jour, je me mobilise en tabarnak !

Si vous trouvez ça long, imaginez comment moi, je trouve ça long…

C’est l’une des choses les plus difficiles : accepter que ça prend du temps, même quand tu y mets tous les efforts. J’ai encore du travail à faire de ce côté, mais je progresse.

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Évidemment, ce blogue va un peu à contre-courant des tendances actuelles.

C’est la conclusion à laquelle je suis arrivé en lisant un texte sur le règne de l’image.

> Le règne de l’image : « L’anonymat est inacceptable pour des tas de gens »

Un passage m’a particulièrement fait réfléchir.

À la chute Kaaterskill, dans l’État de New York, tout le monde veut sa photo avec l’impressionnante cascade de 55 mètres.

« C’est la raison principale pour laquelle les gens viennent ici, explique le garde-forestier Robert Dawson. Et ils s’empressent de l’alimenter sur Facebook ou Instagram pour montrer à tout le monde ce qu’ils font. Ils viennent, ils conquièrent et ils prennent une photo. Ensuite, ils se dirigent vers la prochaine destination pour faire pareil. »

Il note que les gens ne viennent plus pour les mêmes raisons qu’auparavant. Autrefois, les visiteurs venaient faire de la randonnée pédestre. Ils partaient en montagne pour la journée. Maintenant, ils viennent surtout voir…

Bref, pour plusieurs paraître est devenue la chose la plus importante.

Et surtout, montrer que notre vie est absolument formidable.

Comme si on essayait de contredire Dédé Fortin….

 

 

 

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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