Et si on causait…

Le 30 janvier, ce sera la journée On cause pour la cause, organisée par Bell.

On a commencé à voir des publicités à la télévision pour faire la promotion de cet événement organisé entre autres pour briser le tabou entourant la santé mentale.

On cause pour la cause, ce n’est pas une mauvaise idée, loin de là. Mais il faut quand même se rappeler que ça reste aussi une opération de marketing d’un géant des télécommunications.

Par exemple, cette année, les publicités nous montrent des visages de la santé mentale. Les gens, quoi. Ceux qui souffrent. C’est une bonne idée.

Sauf qu’elle n’atteint pas sa cible.

On nous montre des gens souriants, bien habillés, qui ont l’air bien dans leur peau.

Si on fait l’effort, on peut peut-être imaginer que ces personnes ont vécu des moments difficiles dans leur vie. Mais ça ne montre nullement à quel point ces moments ont été vraiment été difficiles.

Tout le monde le répète, la santé mentale reste un gros tabou dans la société.

Un petit électrochoc serait peut-être nécessaire.

Tsé, genre, montrer la santé mentale sous son vrai visage. Celui de la douleur et de la souffrance. Celui de la solitude et de l’ostracisation.

Ou encore une personne en jaquette d’hôpital qui est allé chercher de l’aide…

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Évidemment, ça cadre moins avec une opération marketing.

Je ne nie pas que Bell verse chaque année des milliers de dollars à plusieurs organismes qui font dans la santé mentale grâce à On cause pour la cause. C’est très bien.

Ce n’est peut-être pas à Bell de le faire alors. Mais faudra bien qu’on se décide un jour à montrer les vrais visages de la santé mentale.

On nous montre sans hésiter les visages de la guerre. Les visages de la pauvreté. On nous montre la réalité telle qu’elle est dans plusieurs cas de figure.

Montrer la réalité telle qu’elle est, ça aide généralement à saisir l’ampleur du problème. Pour briser le tabou, faudra d’abord commencer par ça.

Parce que j’ai vraiment l’impression, comme société, qu’on ne réalise pas l’ampleur du problème. On ne veut pas le voir aussi, c’est vrai.

Comme disait Yvon Deschamps : On ne veut pas le savoir, on veut le voir.

On est rendu là, je pense.

///

L’autre problème avec On cause pour la cause, c’est qu’il y a 364 autres journées dans l’année.

Encore là, je ne dis pas qu’il faut blâmer Bell, qui fait sa part.

Néanmoins, il reste 364 fucking autres journées à l’année.

Des milliers de gens contribuent à cette journée en textant ou en partageant sur les réseaux sociaux. Bell ramasse les revenus et les redistribue.

Mais tous ces gens, ils sont où le reste de l’année ?

Je ne dis pas que tous ne font rien. Mais si la santé en mentale est encore un tel tabou, c’est que, nécessairement, il y en a une maudite gang qui ne sont là qu’une journée par année.

C’est sans compter ceux qui ne sont pas là pantoute, pendant toute l’année.

Je n’ai pas de réponses à offrir.

Sauf celle de continuer à essayer de briser le tabou.

p.s. : Merci à Jerry Prindle pour la photo, montrant une personne qui souffre de schizophrénie.

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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