Je m’étais absenté un petit bout. Lentement, je suis en train de m’installer dans mon nouveau chez-moi.
Je veux raconter une histoire de chien aujourd’hui.
Ce n’est pas une histoire de chien sale, même si mon chien l’est parfois, mais au sens propre, c’est ça de pris, au moins 😉
Je sais que j’ai écrit que je n’avais plus rien à ajouter sur ma dépression à moi. Mais là, c’est différent. Il est plutôt question de la douleur et d’un événement extraordinaire que j’ai vécu la nuit dernière.
Je vous ai parlé des petits pas et des fucking petits pas. Des journées plus faciles que d’autres.
Il y a aussi des nuits plus difficiles que d’autres. La nuit dernière en était une.
Je me suis réveillé vers 3h du matin avec une intense douleur à la poitrine. Rien de grave, côté physique, je savais exactement ce que c’était.
Elle est difficile à décrire, cette douleur. J’ai réalisé que seules les personnes qui ont fait une dépression comprennent exactement de quoi il est question.
C’est la douleur pure. À la fois physique, on ressent vraiment une douleur à la poitrine. Et on a mal, partout. Dans sa tête, dans son coeur, dans son âme, dans tout ce que vous voulez. Il n’y a que la douleur et rien d’autre.
Je ne peux prétendre avoir connu toutes les douleurs que la vie peut apporter. Mais je sais que celle-là est probablement l’une des pires qu’on peut vivre.
C’est cette douleur qui fait que, parfois, des gens ont des idées noires ou même passent à l’acte. C’est la douleur du cancer de l’âme.
C’est donc cette douleur qui m’habitait intensément la nuit dernière.
Incapable de me rendormir, j’ai décidé d’aller me coucher sur le sofa du salon.
Mon chien est venu me rejoindre. Et c’est là que s’est produit un événement qui démontre la relation extraordinaire qui existe parfois entre le chien et l’homme.
Léa, c’est son nom, est carrément venue se coucher sur ma poitrine, là où ça faisait si mal.
Là, je me suis rappelé avoir vu un reportage qui montrait des chiens entraînés à accompagner notamment des soldats souffrant d’un choc post-traumatique. On y enseignait aux chiens à se coucher sur la poitrine de leur maître pour les aider à calmer leur anxiété et la fameuse douleur à la poitrine.
On ne parle pas ici de petits chiens, mais de bons gros toutous.
Je pleurais à chaudes larmes et mon chien, sans que jamais personne ne lui ai appris à faire ça, est venu se coucher sur ma poitrine. Le soulagement a été instantané. La douleur n’a pas disparue, mais elle diminué.
Et j’ai réussi à me rendormir.
Je savais déjà que les chiens sentent les émotions de leurs maîtres. Ma Léa est d’ailleurs encore plus colleuse que d’habitude depuis que je suis en dépression. Comme si la chose était possible, dans son cas. C’est déjà le chien le plus affectueux que je connaisse.
Mais se coller contre son maître est une chose.
Là, elle savait exactement quoi faire au moment où elle devait le faire.
Et je pleurais. Et je lui disais merci. Et je me suis endormi.
C’était déjà un peu une histoire d’amour entre mon chien et moi. J’ai toujours aimé les chiens depuis que je suis tout petit.
Là, c’est devenu autre chose. Mon chien a même fait ce que bien des humains sont incapables de faire face à la dépression des autres.
Elle s’en fout du nom du mal qui m’afflige. Elle m’a juste fait savoir qu’elle était là, elle aussi.
Bref, merci Léa !
p.s. : mon toutou pèse 85 livres, et oui, je me suis endormi sans problème…
J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.
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