Aller voir en Gaspésie si j’y suis

Je suis venu passer quelques jours en Gaspésie pour changer le mal de place, comme on dit

Sortir de l’environnement dans lequel je souffre tous les jours pour aller goûter le vent, l’air salin et la fraîcheur du matin.

Parce qu’il m’arrive encore, souvent, de me sentir comme sur cette photo. Comme si j’étais encore emporté par les vagues sans trop savoir comment je vais atterrir.

Je suis allé jogger un peu plus tôt cet après-midi. Enfin, jogger est un grand mot.

J’ai fait quelques mètres avant de m’arrêter le visage baigné de larmes.

Le jogging a réveillé une scène désagréable. Je revivais la scène où j’ai sauté du taxi pour courir 10 pâtés de maisons pour me rendre chez mon ex qui voulait se suicider.

Je revivais carrément la scène.

C’est ça un putain d’ostie de tabarnak de trauma. Ça te saute dessus sans prévenir pis tu retournes dans un passé que tu ne veux pas revisiter.

Je suis revenu au chalet de mon ami Christian en braillant.

Mon ami Pierre-Luc, qui m’accompagne en Gaspésie, m’a offert une bière.

Il a aussi immortalisé le moment.

D’habitude, je ne publierai pas cette photo, mais à quelque part je la trouve magnifique.

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J’ai apporté un peu de lecture, dont un bouquin de Cheryl Strayed, la femme qui a inspiré le film Wild.

Personne ne vous protégera de la souffrance. Vous pouvez essayer de l’oublier en pleurant, en mangeant, en vous affamant, en marchant, en donnant des coups de poing ou en suivant une thérapie. Mais elle est là, et vous allez devoir survivre. La supporter. Vivre avec, l’aimer, avancer, progresser grâce à elle et courir aussi vite que vous pourrez vers vos rêves de bonheur, en empruntant le pont formé par votre désir de guérison. Les psys et les amis peuvent vous y aider. Mais la guérison, la vraie – l’authentique point de bascule qu’on atteint en rampant dans la boue -, ça, ça ne dépend que de vous.

Aimer sa souffrance…

Je conçois fort bien le concept, mais disons que ce n’est pas un réflexe naturel. C’est probablement ce que je suis en train de me dire, au moment où Pierre-Luc a capté cette image.

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Je vais y travailler.

En attendant, les paysages de la Gaspésie m’apportent un peu de réconfort.

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Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

3 réponses sur « Aller voir en Gaspésie si j’y suis »

  1. Mon ami, que ta route est longue, souvent pénible et quelques fois, (probablement trop rarement), belle. Il y aura assurément un moment ou ce cauchemar se terminera, où ces souvenirs s’estomperont. Je ne peux que te souhaiter que ce soit pour bientôt. En attendant, à ton retour si le coeur t’en dit, on ira prendre une grande marche au jardin botanique ou ailleurs.
    Gros câlin

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