Quand j’ai commencé ce blogue, en octobre dernier, mon ami et collègue Martin Chamberland m’a suggéré de dessiner.
Dans son cas, ça l’avait grandement aidé dans des moments difficiles de sa vie.
Il continue de dessiner, d’ailleurs, et chaque fois, je suis émerveillé par son talent.
Talent que je n’ai pas. Mais pas pantoute.
Voici un rare dessin que j’ai fait pour accompagner un billet…

C’est moi avec une gang de mammouths à mes trousses. Mes mammouths ne sont pas très réussis je le reconnais 😉
Vous avez le droit de rire ! De toute façon, il paraît que le ridicule ne tue pas.
J’ai donc rapidement éliminé l’option dessin !
Il me restait l’écriture.
Ce billet est le 123e que je publie. C’est un peu comme si j’avais fait 123 dessins depuis octobre dernier.
///
Je suis tombé récemment sur un article qui parlait du rat-taupe nu.
Ce drôle d’animal pourrait bien être la clé dans la recherche sur le cancer. Car le rat-taupe nu ne connaît pas le cancer.
De plus en plus de publications scientifiques s’intéressent d’ailleurs à cet animal fascinant.
Ça m’a rappelé qu’il y a presque six ans, j’écrivais sur le rat-taupe nu.
> Le rat-taupe nu ne connaît pas le cancer
Il est petit, glabre, presque aveugle et particulièrement laid. Mais dans les laboratoires de recherche sur le cancer, c’est la vedette de l’heure. Aucune tumeur maligne n’a jamais été détectée chez le rat-taupe nu. Et les chercheurs savent maintenant pourquoi il ne contracte pas le cancer. Le singulier animal pourrait bien détenir la clé d’un éventuel traitement contre l’un des plus grands tueurs de la planète. Zoom sur un rongeur pas comme les autres.
L’histoire du rat-taupe nu est intrigante à plusieurs égards.
Ça nous rappelle aussi que l’aide vient parfois de ceux dont on attend le moins.
Un peu comme les Hobbits dans Le Seigneur des anneaux.
Il y avait Aragorn, le valeureux guerrier, Legolas, dont l’arc est plus rapide que le vent, Gimli et sa hache toujours prête à tâter des cous d’orcs. Il y avais aussi Gandalf, le sage et le magicien.
Mais sans Bilbon, Frodon, Sam, Merry et Pippin, l’anneau n’aurait pas été détruit et Sauron vaincu.
Même Gollum, qu’on peut comparer au rat-taupe nu, a eu son rôle à jouer dans la destruction de l’anneau.
C’est comme dans un écosystème, où le plus petit des être vivants peut jouer un rôle fondamental.
Voilà une affaire qu’on a de la difficulté à comprendre, encore en 2019 : le principe même d’un écosystème.
Ce n’est pourtant pas si compliqué un écosystème. C’est comme le réseau routier, nous qui affectionnons tant l’automobile. Si le pont Champlain est jammé par le trafic, ça ne sera pas long que tout le monde ou presque s’essaiera pour le pont Jacques-Cartier ou le pont Victoria ou encore le tunnel Louis-Hyppolite Lafontaine.
Toutes les routes menant à ces ponts seront rapidement envahies par des centaines voire de milliers de voitures. Ça sera l’enfer.
Tout ça à cause d’un simple bouchon sur le pont Champlain provoquée par la panne d’une automobile. L’équilibre est alors rompu et plus rien ne fonctionne normalement.
On comprend donc que la base d’un écosytème, c’est l’équilibre.
Prenons l’exemple du requin, pour commencer. Ils seraient de moins en moins nombreux dans l’Atlantique.
Moins de grands prédateurs affecte directement l’écosystème marin. C’est peut-être une bonne nouvelle pour les proies habituelles du requin, mais ça l’est beaucoup moins pour le reste de l’écosytème qui se trouve en déséquilibre. Un déséquilibre qui est néfaste pour la santé des océans.
De l’autre côté de la chaîne, on peut prendre en exemple le vers de terre.
Son rôle est essentiel pour maintenir des sols en santé. Sauf que la production intensive, l’utilisation d’engrais chimiques, de pesticides et d’herbicides appauvrit les sols. Les sols étant plus pauvres, on utilise encore plus d’engrais chimiques pour maintenir la production.
Bye-bye les vers de terre.
Selon plusieurs experts, la sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes constitue un enjeu encore plus crucial que les changements climatiques.
Sauver la biodiversité et les écosystèmes, c’est un peu aussi ce que fait l’économiste Josef Stiglitz, mais à l’échelle d’Homo sapiens.
Le lauréat d’un prix Nobel d’économie vient de publier People, Power, and Profits : Progressive Capitalism for an Age of Discontent.
Son livre plaide en faveur d’un capitalisme progressiste, qui réduit notamment les inégalités.
Car les inégalités ne sont pas qu’un problème économique, croient plusieurs économistes de renom qui publient leurs conclusions dans un rapport publié par le World Inequality Lab.
> Lutter contre les inégalités, un remède (inattendu) contre la maladie mentale
Pour revenir à Stiglitz, je résume grossièrement, mais son propos est justement de rétablir l’équilibre dans l’écosystème humain, qui est brisé.
Un écosystème où, comme dans la chanson des Colocs, on oublie de passer la puck pour permettre à tout le monde de marquer des buts.
Un écosystème où règne l’«happycratie» et la dictature du bonheur. Un lucratif marché de plusieurs milliards de dollars.
Un écosytème où l’équilibre n’est pas la première des priorités. Sauf qu’un écosytème sans équilibre est condamner à crasher.
J’ai comme l’impression que c’est le défi du 21e siècle : protéger à la fois nos écosystèmes naturels et l’écosystème humain.
On a juste besoin de se rappeler comment on se sent chaque fois qu’on est pris dans un bouchon sur le pont Champlain parce qu’une voiture est tombée en panne.
Publié par