Il est finaliste au trophée Vézina, qui consacre le meilleur gardien de la Ligue nationale de hockey (LNH).
Ça n’a pourtant pas été si facile de trouver une équipe qui accepte de lui faire signer un contrat.
Pourquoi ?
La santé mentale.
Le gardien en question, c’est Robin Lehner, des Islanders de New York.
L’été dernier, on lui a diagnostiqué un trouble bipolaire de type 1 ainsi qu’un choc post-traumatique, rapporte le New York Post.
> Robin Lehner confronted mental illness and he is now an elite goalie
À la fin de l’été, 8 ou 9 équipes étaient intéressés à ses services, selon Lehner.
Sauf que le gardien et son agent ont décidé d’être transparents au sujet de sa maladie et d’en informer les équipes.
Résultat ?
Seulement deux équipes étaient toujours intéressées au gardien suédois.
Les Islanders n’ont pas pris un énorme risque, lui faisait signer un contrat d’un an pour 1,5 million US. Lehner a répondu avec une saison époustouflante. Meilleur pourcentage d’arrêt de l’histoire des Islanders. Troisième meilleure moyenne de buts allouées dans toute la LNH.
Ironiquement, rapporte le New York Post, ce sont les directeurs généraux qui votent pour le trophée Vézina. Ces mêmes DG qui ont levé le nez sur Lehner, du moins pour plusieurs d’entre eux.
Le gardien remercie évidemment les Islanders de lui avoir fait confiance. Il résume d’ailleurs merveilleusement bien la façon d’agir face à la santé mentale dans l’entrevue qu’il a accordée au New York Post.
« Ils m’ont aidé pour certaines choses, mais le plus important, c’est que je ne me suis pas senti jugé. »
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Le tabou est assez simple à comprendre dans le fond. Les gens ont peur de parler de santé mentale, la leur, de peur d’être jugé.
L’histoire de Robin Lehner ne va pas rassurer les plus inquiets.
D’un autre côté, elle pourrait bien ouvrir des portes qui étaient encore fermées il n’y a pas si longtemps.
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Le tabou est si fort que même des professionnels de la santé hésitent à parler de leur dépression. Encore là, la même peur, celle d’être jugé.
C’est ce qui est arrivé au médecin Karen Desrosiers.
> Dépression : une médecin parle de sa propre expérience pour briser les tabous
Un médecin, me semble qu’ils sont aux premières lignes pour constater les dégâts.
Mais ça n’empêche quand même pas le tabou.
Un extrait du reportage de Radio-Canada :
Karen Desrosiers a eu de la difficulté à aller consulter un professionnel de la santé. Pendant longtemps, elle s’est dit que consulter un psychologue signifiait qu’elle était faible. « Juste aller voir une psychologue, ce n’est pas bien vu. »
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La bonne nouvelle, c’est que Robin Lehner a décidé de parler. Karen Desrosiers a décidé de surmonter ses peurs et de dénoncer le tabou.
Je fais la même chose, à une échelle plus modeste, mais j’en parle moi aussi.
Continuer à avoir peur, à entretenir le tabou, ne réglera absolument rien.
Foncer et dire la vérité, surmonter ses peurs et avouer que nous sommes des homo sapiens avec des forces et des faiblesses, c’est ça la stratégie gagnante.
C’est la seule avenue qui a des chances de succès.
Le système a des failles, évidemment.
Mais la première faille est en nous. Et c’est à chacun de nous d’y voir.
À commencer par faire un gros doigt d’honneur au tabou…
[…] La santé mentale, un gardien de la LNH et le tabou […]
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