J’ai déjà dit que la musique était une affaire de famille.
Mon père est musicien.
Je le suis peu, bien modestement.
Mon fils l’est aussi.
Des trois, je crois que c’est David le plus talentueux. Surtout qu’il apprend vite le p’tit criss. Il a l’oreille musicale, le sens de la mélodie et le sens du rythme.
J’aurais tant aimé commencer à son âge. Mais bon, il n’est jamais trop tard. J’ai commencé fin trentaine. Mais je ne suis quand même pas si pire. C’est moi qui joue à la batterie cette fois-ci. Instrument dont je joue depuis un mois à peine sans avoir jamais suivi un seul cours.
Fiston étudie à Sherbrooke. Quand il passe chez moi, quand on a le temps, on se fait un petit jam père-fils.
Ce soir, ça donné ça. Pour ne pas me casser la tête, j’ai intitulé ça Jam du vendredi soir. Original, non ? 😉
C’était vraiment trippant. Et il y a une vraie connexion musicale entre nous deux.
En deux minutes, on avait trouvé ce qu’on allait jouer. Pas besoin de se parler. Lui à la guitare, moi au drum.
Bon, pardonnez la qualité de l’enregistrement.
Je n’arrivais pas à ouvrir mon logiciel d’enregistrement. Je ne trouvais pas la carte SD de mon Zoom H2. On s’est donc contentés d’enregistrer avec mon téléphone cellulaire.
David était branché sur l’ampli avec ma Godin Fifth Avenue. J’ai un drum électronique, mais je n’ai pas de deuxième ampli. On a branché le drum sur de vulgaires haut-parleurs d’ordinateur.
Bref, un vrai jam de garage avec les moyens du bord.
Mais on se débrouille aussi parfois avec des moyens encore plus modestes. Comme lorsque nous étions en Floride, on s’est payés un petit jam, lui à la guitare, moi à la voix et aux percussions avec un gros pot de plastique.
Ça donné ça :
Un peu moins réussi, pour le début surtout. C’est moi le responsable, j’avais un peu de difficultés à trouver le bon rythme. Ça finit par donner quelque chose, mais ça accroche un peu.
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Comment décrire ces moments ?
La crise d’angoisse avait commencé à me pogner en fin d’après-midi aujourd’hui.
Pendant ces moments à jouer, à jammer, je suis ailleurs.
C’était la journée internationale du bonheur cette semaine.
Ben c’est ça, c’est du pur bonheur.
Pour certains, c’est la peinture, le macramé, le tricot. Moi, c’est la musique.
Mon corps, ma tête, mon coeur, mon âme sont totalement dans le moment présent avec la musique.
J’ai donc connu quelques instants sans angoisse ni sentiments dépressifs, juste du gros bonheur.
Pis je trouve ça bon. Je serai peut-être le seul, remarquez bien.
Mais il se trouve que j’ai une pas pire oreille musicale, moi aussi. Surtout que j’en ai juste une !
Alors, ça me fait vraiment plaisir de vous dire que j’ai trippé ce soir. Pis que Jam du vendredi soir, c’est quand même pas pire. C’est sans prétention, mais c’est franchement pas pire.
J’ai donc vu un trou dans les nuages qui me suivent depuis un bout. Une éclaircie avec de gros rayons de soleil.
Je sais que l’angoisse va me reprendre demain. Je pourrais écouter Jam du vendredi soir pour revivre un peu cet instant.
C’est nettement plus positif que de réécouter Ô ma dulcimer que j’ai composée l’automne dernier.
Encore là, je ne l’avais pas écoutée depuis des mois. Parfois, quand on réécoute des choses qu’on a composée, on se dit beurk, c’était vraiment poche.
Ce n’est pas le cas avec Ô ma dulcimer. Je trouve ça bon.
Maintenant que je commence des cours de chant, qui sait, je vais peut-être la refaire un de ces jours, voir si ça peut être meilleur….
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