Le blues de la (fucking) dépression

 

David et moi avons été plutôt productifs hier soir.

Comme je disais, c’est comme si on avait fait ça ensemble toute notre vie.

Ça rentrait au poste, comme on dit. Une véritable découverte pour moi de constater que la chimie avec mon fils s’est installée tout naturellement avec nos guitares, nos percussions ou autres bébelles à la main.

Il avait envie d’un blues et moi, j’avais comme envie de faire un gros doigt d’honneur à ma dépression. Histoire de lui rappeler qu’entre la bête et moi, c’est moi qui sortirait vainqueur, peu importe le nombre de fucking petits pas qui seront nécessaires.

On l’a donc intitulée Le blues de la (fucking) dépression. C’était notre façon de lui faire un pied de nez.

Sauf que ce matin, je me suis encore réveillé avec une douleur à la poitrine, après m’être réveillé vers 3-4 h du matin, un peu angoissé. J’ai remis mes écouteurs et fait jouer ma musique de méditation tout en collant mon gros chien venu me rejoindre vers 2h du matin. J’ai respiré profondément et fini par me rendormir pour le reste de la nuit.

Ce matin, j’ai constaté que mon texte publié dans La Presse faisait réagir. J’ai reçu plein de bons mots qui m’ont fait du bien. C’était super.

Le hic, avec la dépression, c’est que tu ne sais pas à quel moment tous tes fucking petits pas vont enfin chasser la douleur dans ta poitrine.

Au cours de la journée, j’en ai aussi fait une vidéo. Une autre façon d’occuper mon esprit. Voici le résultat :

 

Donc, la douleur, elle, est encore là. J’a pris la pièce composée avec David (ci-bas) et j’ai ajouté des paroles. Pas celles qui venaient de ma tête, mais celles qui provenaient direct de la douleur à la poitrine.

 

///

C’est évidemment très important d’être bien entouré dans de tels moments.

Je suis privilégié, je le sais et je l’apprécie.

Il y a au moins trois personnes que je tiens à remercier plus particulièrement. Mon fils David, 22 ans, ma fille Noémie, 25 ans… et Marie-Ève Martel, 31 ans je crois. Hey, elle pourrait même être ma fille 😉

Vendredi soir, Marie-Ève était dans un party.  J’étais en train de lui écrire par Messenger quand j’ai constaté qu’elle avait une soirée. Je me suis excusé de l’avoir dérangée.

Bin, elle m’a répondu que j’avais besoin d’elle à ce moment-là et que ça lui faisait plaisir de me lire et de me répondre. Quelle fille et, surtout, quelle nouvelle amie je viens de me faire.

Je filais un mauvais coton, en effet.

Mes enfants, eux, me voient dans les pires moments. Ils en ont vu d’autres évidemment en matière de dépression. Mais ils savent exactement quoi faire et quoi dire. Je suis privilégié de les avoir.

Ce n’est pas le cas de tout le monde en dépression et c’est bien ça qui est le plus triste.

Car vous n’avez pas idée à quel point ça fait une différence.

Faudrait pas l’oublier la prochaine fois qu’un ami ou un parent sera touché par la dépression. Même si ça vous rend mal à l’aise, un p’tit effort… Le premier pas fait, vous allez voir, c’est pas si sorcier.

p.s. : non le calendrier, ce n’est pas le calendrier des jours de ma dépression… c’est mon petit secret que je garde juste pour moi…

 

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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