Mettons une chose au claire : je suis super bien entouré.
Ma fille, de vieux amis, de nouveaux amis, même des collègues sont là pendant ces moments difficiles.
Mais il arrive quand même d’avoir des moments de grande solitude. Ce n’est pas tant la solitude qui est difficile que la souffrance qui l’accompagne.
Dans ces moments-là, je me sens affreusement seul, même si objectivement parlant, je sais que je ne le suis pas.
C’est que la douleur, en dépression, tu ne peux pas la partager. Il n’y a que toi qui peut la vivre.
Je parle comme si ça faisait vraiment mal.
C’est que ça fait vraiment mal.
Tu voudrais pouvoir ouvrir ta poitrine et carrément enlever la douleur qui s’y trouve.
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Il m’arrive donc de me sentir affreusement seul. Et d’avoir mal.
Dans un de ces moments, j’ai composé cette pièce que j’ai intitulée Solitude.
Pas très original, j’en conviens. Si quelqu’un veut me proposer ses services pour gérer ma future glorieuse carrière de musicien, le poste est à pouvoir.
Pour le reste, ça donne ça :
Je compose de manière assez intuitive pour l’instant. C’est plutôt organique.
En même temps, j’apprends à mieux maîtriser l’enregistrement et le mixage.
Je me prépare un peu plus aussi pour les nouvelles pièces sur lesquelles je travaille.
C’est donc un work-in-progress.
Mais le plus important, ça me fait tellement de bien.
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Je parle de solitude, mais heureusement, il n’y a pas que ça.
Hier, un collègue m’envoie un message me signalant qu’il s’en va marcher au Mont Sain-Bruno. Il me propose de l’accompagner.
Comme j’ai un gros toutou qui n’a pas encore pris sa marche, je décline son offre, puisque les chiens ne sont pas permis dans le parc.
Le collègue me propose de m’accompagner et marcher avec toutou et moi.
J’accepte.
Petite parenthèse ici. Je ne nommerai pas le collègue en question. Juste dire que nous sommes seulement des collègues. Ce n’est pas un ami. Nous n’avons pas eu vraiment de grands échanges depuis les 18 ans que je suis à La Presse.
Il m’a fait comprendre qu’il a été touché par mes écrits et qu’il a lui aussi déjà eu une période difficile dans sa vie.
Fin de la parenthèse.
Le collègue arrive avec une tarte aux pommes, que je mets au frigo, et nous partons pour la marche avec toutou.
Au retour, plus d’une heure plus tard, il me demande si j’ai quelque chose de prévu pour souper. Je réponds que je ne suis pas très discipliné pour faire l’épicerie ces jours-ci et que je vais probablement dénicher quelque chose qui puisse se manger dans mon frigo.
Le collègue m’annonce alors qu’il a apporté le souper, qu’il a laissé dans sa voiture. Il ne s’impose pas. On peut souper ensemble, mais seulement si ça me convient.
J’accepte sa proposition, étonné et même un peu ému qu’il ait eu une telle attention.
Il sort un sac de sa voiture. Il avait apporté tout ce qu’il faut pour faire hamburgers et une bouteille de vin.
On a donc mangé des hamburgers. Bu du vin. On a jasé. Bref, j’ai passé une belle soirée.
Après son départ, plus tard dans la soirée, ça n’a pas empêché la douleur de revenir se faire une place dans la poitrine.
Mais en même temps, je réalisais ma chance. Un collègue qui ne me connaît pas tant que ça, mais qui, visiblement, semble m’apprécier, a eu une telle générosité à mon endroit.
Surtout, j’ai réalisé que tout ça ne se serait jamais produit si je n’avais pas parlé de ma dépression sur Facebook et ensuite sur ce blogue.
La vie réserve parfois de belles surprises quand on se donne la peine d’éviter la bullshit.
J’aurais seulement pu dire que j’étais en arrêt de travail et cacher ce que je vivais vraiment.
Mais je suis allergique à la bullshit. J’ai donc tout avoué.
Et ça m’a valu une belle soirée et une tarte aux pommes.
Bref, homo sapiens n’est pas encore mort
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