La vie fait drôlement les choses parfois.
J’ai reçu aujourd’hui un message d’une de mes cousines qui me faisait parvenir un témoignage émouvant de Jean-Marie Lapointe qui parle du suicide. Elle me disait que je pourrais en parler sur mon blogue.
La vie fait drôlement les choses, parce que dimanche, j’ai lancé une bouteille à la mer auprès d’un groupe d’amis et de personnes de confiance.
Non, ce n’était pas parce que j’avais des idées noires, mais je sentais que j’avais besoin d’aide.
Sans avoir vu le message de Jean-Marie Lapointe, j’ai fait ce qu’il suggère, dans des circonstances bien différentes cependant.
Voici le message que j’ai envoyé…
Un peu comme Superman, je viens de tomber sur ma kryptonite… Après un an à essayer 4 antidépresseurs et aucun qui a fonctionné, j’ai continué de prendre de l’Ativan pour apaiser mes intenses crises d’angoisse. Le hic, c’est que dans certains cas, il se produit un « effet rebond ». Ça veut dire que l’Ativan augmente les crises en nombre et en intensité au lieu de les calmer. Je suis un de ces « chanceux » à se retrouver avec un « effet rebond ».
Ça veut dire que je dois progressivement sevrer l’Ativan. Ça ne sera pas une partie de plaisir. Dire que je suis fatigué avant même de commencer est un euphémisme. La vérité toute simple, c’est que si j’ai réussi à rester en un morceau pendant tout ce temps, c’est surtout à cause de ma tête de cochon et de ma féroce envie de vivre.
Je vous évite la liste des effets secondaires d’un sevrage. J’ai moi-même la chienne en la lisant
Et je vous évite les effets de ce tabarnak de criss d’ostie d’effet rebond. Si les crises d’angoisse faisaient mal, c’est maintenant puissance 100.
Je pourrais blâmer le psychiatre qui m’a gardé là-dessus tout ce temps. Et j’aurais raison probablement. La vérité, c’est que ce sont un peu des apprentis-sorciers qui avancent à coup d’essais-erreurs et jouent les probabilités. Mais bon, je préfère regarder devant, qui ne sera pas facile pour les prochaines semaines.
Je vous écris donc parce que, comme Superman face à la kryptonite, je suis un peu démuni. Mes enfants sont là pour moi, mais ils sont aussi en fin de session. Ils sont aussi fatigués. Ça fait plus d’un an qu’ils me soutiennent, après avoir fait la même chose pour leur mère l’année précédente, dans les circonstances que vous connaissez. Et papa va passer par les montagnes russes dans les prochaines semaines. Le plus dur dans ces moments-là, c’est la solitude. Et comme je vais être sans défense en quelque sorte, être seul, ce n’est pas une bonne idée… Je suis résilient, je suis «fait fort», mais personne n’est invincible.
Bref, si le coeur vous en dit, je vous invite à me faire signe. Aller prendre un café, un verre, un lunch, un souper ou juste m’écrire ou me passer un coup de fil. Parler des récentes performances du Canadien ou encore du réchauffement climatique. Je peux même faire des jokes à l’occasion. Je ne peux pas garantir que je ne vais pas pleurer puisque je pleure à rien. Mais j’ai encore le sens de l’autodérision ! Vous ne savez pas quoi dire ? Je vous rassure, moi aussi !
Je vous ai choisi au hasard en appliquant un algorithme maison… Mais non ! Prenez ça comme une marque de confiance. Malheureusement, vous ne venez pas de gagner un voyage dans le Sud pour quatre personnes
Mais je peux essayer de chanter La Cucaracha, si vous insistez…
Mon amie Maxine m’a touché avec sa réponse qui n’a pas tardé…
Bravo Pierre pour cet appel à tous ! Ça prends du courage, de l’humilité et un front de bœuf pour écrire ce mot !
je suis toujours là pas loin … j’espère que tu le sais ! Amie pour la vie xxx
Mais la vérité, c’est que ce n’est pas le courage ni l’humilité ni un front de boeuf qui m’a fait écrire ce mot. Enfin, peut-être un peu, mais la vérité est ailleurs.
C’est l’amour.
J’avais passé la journée à brailler ma vie pendant que ma fille travaillait à terminer un gros travail de fin de session. En soirée, nous étions assis dans le salon pendant qu’elle bûchait sur son travail.
Un moment donné, je me suis dit que nous avions tous les deux besoin d’aide. Je l’ai dit plusieurs fois combien elle est devenue une extraordinaire jeune femme. Elle est résiliente et n’a pas craqué une seule fois depuis le début de mon cauchemar. Je ne compte plus les fois où elle m’a pris dans ses bras pendant que je pleurais à remplir une piscine olympique. Elle me serrait fort, attendant que ça passe.
Mais à cet instant précis, je me suis dit qu’il était temps de passer le relais. De donner un break à ma fille.
Ma bouteille a trouvé plusieur preneurs. Je remercie les merveilleuses personnes qui sont là pour moi. Et un gros merci à Marie-Ève Martel, qui me lit chaque jour, qui me remonte le moral, qui me fait rire, qui me change les idées depuis plus d’un an.
Je me suis aussi rappelé cette pièce que j’ai composée à l’automne 2018 intitulée Un samedi soir sur Terre. Je l’ai écoutée à nouveau et elle m’a fait du bien. Il y a comme de la lumière dans cette pièce, de l’espoir.
Finalement, comme on dit dans la famille : Je t’aime Noémie, gros comme mon coeur avec une peanut dessus xxx
Et je vous évite les effets de ce tabarnak de criss d’ostie d’effet rebond. Si les crises d’angoisse faisaient mal, c’est maintenant puissance 100.

je suis toujours là pas loin … j’espère que tu le sais ! Amie pour la vie xxx
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