Ce matin, comme tous les fucking matins depuis un an et demi, me suis levé en crise d’angoisse avec une intense douleur à la poitrine.
Ça fait si longtemps, mais on ne s’habitue pas vraiment. C’est difficile à décrire, mais c’est violent. Une douloureuse violence qui s’empare de ta tête, de ton coeur, de ton âme, de ton corps…
Ce week-end, j’ai deux chiens à la maison. Je garde Kina, la chienne de mon fils. Chez moi qui est devenu la deuxième maison de Kina. Elle et Léa sont devenues les meilleures amies du monde. Et un lien spécial m’unit maintenant à Kina.
Je vous ai déjà raconté comment mon chien sentait parfois ma détresse et venait se coucher sur ma poitrine pour me soulager. Une technique qu’on enseigne aux chiens qui accompagnent des militaires victimes d’un choc post-traumatique. Ma Léa a fait ça tout seul, plus d’une fois, sans que personne ne lui ai jamais montré.
> Mon chien d’assistance à moi
Ça va faire presque un an que David a adopté Kina. Je ne sais trop pourquoi, cette chienne m’a adopté dès les premiers jours. Je voyais bien qu’elle sentait ma souffrance à sa façon de venir se coller sur moi et de me regarder.
Il m’arrive de parler au téléphone avec mon fils et de pleurer. Kina m’entend et émets de petits couinements, comme pour me dire : « eh! je suis là ! »
Ce matin, donc, j’avais deux chiens à faire sortir pour leurs « petits besoins ». Quand Kina est là, je prends la voiture et j’amène les deux chiens sur le bord du Fleuve, sur un vaste terrain où elles peuvent courir à leur guise.
Quand on approche du lieu où je gare la voiture, les deux chiens à l’arrière commencent à s’énerver. « Yé, on s’en va jouer ! »
Ce matin, malgré la douleur, j’ai quand même pu, un bref instant, apprécier le moment. Deux chiens heureux qui courent et s’amusent. Le soleil. Le froid.
Après 30 minutes, nous sommes rembarqués dans la voiture. Pendant le trajet, qui dure 5 minutes max., j’ai pleuré… Les deux chiens me regardaient d’un regard qui disait : « on est là, tu sais… »
Je parle de chiens ce matin après avoir lu la touchante chronique de Chantal Guy.
La chronique de Chantal m’a rappelé le deuil de mon chien précédent. Elle s’appelait Mouski. Nous l’avons eue pendant un peu plus de 15 ans. Mes enfants ont grandi avec elle. David avait 4 ans et Noémie 7 ans quand nous avons eu Mouski.
J’ai plein de beaux souvenirs avec cette chienne qui nous a vraiment suivi partout.
Mais un de ces souvenirs ressort du lot.
Il faut d’abord savoir que Mouski avait une peur bleue de la salle de bain. Pas question pour elle d’y mettre les pattes sous aucun prétexte. Un jour où je filais un mauvais cotton, je décide d’aller faire mon jogging pour « faire sortir le méchant ». À mon retour, je saute dans la douche où je pleure un bon coup.
En ouvrant la porte de la douche, il y a Mouski, couchée sur le tapis de bain, qui m’attend. Elle me regarde de ses yeux doux, qui me disent : « Je suis là ! »
Bref, revenons à la chronique de Chantal, qui parle du deuil de son animal de compagnie.
J’ai vécu ça quand est venu le moment de faire euthanasier Mouski.
Quatre mois avant le jour fatidique, ma fille partait pour un long voyage avec son chum, au Canada et aux États-Unis. Mouski commençait à décliner. Noémie lui a demandé d’attendre son retour.
Vous pouvez me croire ou non, dans les semaines et les mois qui ont suivi, Mouski a pris du mieux. Ma fille a fini par revenir à la maison 4 mois plus tard.
Deux semaines après, nous avions rendez-vous chez le vétérinaire pour faire euthanasier notre chien. Mouski avait attendu Noémie.
Je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Toute la famille a pris place dans la voiture. J’ai pris Mouski dans mes bras et je l’ai donnée à David pour qu’il l’a garde sur lui pendant le déplacement.
Arrivé chez le vétérinaire, on nous a installés dans une salle tous les cinq. On pleurait déjà à chaudes larmes. Puis, la vétérinaire est venue nous voir pour donner la première injection à Mouski, celle qui allait la faire dormir.
La vétérinaire est repartie et nous pleurions tous les quatre en flattant Mouski, qui respirait doucement.
Elle rest revenue quelques minutes plus tard pour la dernière injection. Celle qui allait stopper son coeur. Ça s’est fait en quelques secondes et Mouski est morte, libérée de ses souffrances.
Nous pleurions tous, mais Noémie encore plus que tout le monde. Elle tenait le corps inerte de Mouski et pleurait comme je ne l’avais jamais vue pleurer auparavant.
Nous sommes finalement repartis le coeur gros. En arrivant à la maison, je suis allé me coucher sur la couverte où dormait Mouski dans notre chambre. Et j’ai pleuré comme un bébé.
Trois semaines plus tard, Léa entrait dans notre vie.

On sait tous qu’il y aura des larmes un de ces jours. Mais d’ici là, ce chien est lui aussi devenu un membre de la famille. Toutes les larmes qu’on pourra verser n’effaceront pas les merveilleux souvenirs forgés au fil des ans.

Léa et Noémie qui commencent déjà leur histoire d’amour.

À la pêche avec David et Léa.
Avec les enfants, il arrive parfois qu’on se remémore des souvenirs de Mouski. On rigole à propos de la fois où Noémie et son amie l’avait habillé pour aller à l’école. On se rappelle aussi toutes les vacances où Mouski nous a accompagnés. Comment elle avait peur de l’eau et des orages. Elle montait alors sur notre lit et entrait sous les couvertes pour aller se cacher au fond du lit.

Au chalet où Mouski était la chienne la plus heureuse du monde. Elle nous avait tous les quatre juste pour elle et un immense terrain de jeux dans la forêt. Et des siestes collé-collé.

Encore au chalet, où Mouski se laissait toujours faire quand Noémie ou David décidait de la « déguiser »…

Une de mes photos préférées. David et son chien regardant la mer.
Bref, ce sont de merveilleux souvenirs qui seront là pour toujours. Même les larmes, celles qui font partie de la vie…

Publié par