Ça ne me tentait pas vraiment d’écrire ce matin.
Non pas que je n’en avais pas besoin, au contraire, mais j’avais juste envie de rester en petite boule dans mon lit.
Pas facile de faire fuir ces crises d’angoisse, c’est un travail à recommencer chaque jour.
La persévérance donne des résultats, mais il y a des matins où j’aimerais ça que les progrès soient plus spectaculaires.
Mais anyway, je continue comme un fucking warrior.
Ça ne me tentait pas d’écrire, mais je suis tombé sur ce texte :
> Un policier dénonce l’abandon des patients en psychiatrie par le système de santé
Ça m’a mis en tabarnak.
J’ai beaucoup parlé de déchets récemment.
Une autre nouvelle dans l’actualité a retenu mon attention hier.
> Le Canada parmi les plus grand producteurs de déchets de la planète
J’ai écrit dans un autre billet que les déchets, nos déchets, sont une formidable métaphore de notre société.
L’histoire de ce policier en est le parfait exemple.
En février dernier, l’agent Yannick Campagna et son partenaire répondent à un appel du 911 pour un homme qui cause du désordre dans une caisse populaire. Arrivés sur place, ils constatent que l’homme se cogne la tête sur le comptoir, hurle et dit voir des dragons.
Le patient avait été libéré de l’urgence psychiatrique le matin même.
Les policiers le conduisent à l’urgence de l’Hôpital Enfant-Jésus.
En le voyant arriver, un infirmier aurait déclaré : « Ah non, pas encore lui. »
Il mentionne au policier que le département de psychiatrie ne veut pas le voir, qu’il ne serait même pas vu au triage. L’infirmier suggère au policier qu’il reconduise cet homme chez lui.
Le policier a pété sa coche, solide. Il a crié et inondé le personnel d’insultes et de sacres. Une plainte en déontologie policière a été déposée contre lui par l’un des infirmiers.
Heureusement, cet homme a pu être hospitalisé ailleurs.
Pas besoin d’un diplôme en médecine pour deviner qu’il était en pleine psychose.
Cet homme est malade et il a besoin de soins.
Mais il est plutôt traité comme un déchet de la société.
On ne l’envoie pas dans un autre pays, mais tout simplement dans la rue.
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Hier à mon activité d’ultimate frisbee, il y avait un participant aux activités de D’un couvert à l’autre que je croise à l’occasion.
Il est schizophrène. Il a été pris en charge par le système de santé. Il suit son traitement, participe à un programme de réinsertion sociale à DCL et joue au frisbee.
Costaud comme un joueur de football, je m’étais assigné à sa couverture. C’était plutôt rigolo vu la différence de taille entre nous deux. Mais je cours vite et je suis persévérant.
À la fin de la partie, il rigolait, me disant que je l’avais empêché de marquer beaucoup de points.
Notre équipe, celle des vieux, a en effet remporté le match 5 à 0.
Mon compagnon de jeu s’en retournait chez lui en bus. Je lui ai demandé où il habitait, c’était sur mon chemin du retour à la maison.
Je lui ai donné un lift, comme on dit en bon Québécois.
Pendant le trajet, on a jasé. Il m’a raconté une partie de son histoire, que je trouve absolument fascinante. J’aimerais pouvoir vous la raconter s’il m’en donne la permission.
Depuis presque un an, il reçoit des passes et il marque des buts. Il lève les bras au ciel et il crie victoire à l’occasion.
Me semble que c’est la base pour n’importe quel être humain, qu’il soit malade ou pas.
Quand on est malade, c’est encore plus important.
Bref, cet homme à Québec, qu’on retourne dans la rue, je ne connais pas toute son histoire, mais je devine qu’il ne score pas souvent.
[…] > Comme un déchet qu’on retourne à la rue […]
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