L’un de mes défis au quotidien, c’est de m’occuper l’esprit.
Je viens de finir de regarder l’excellente série The Last Kingdom, sur Netflix.
C’est cette série qui m’a entre autres inspiré ce billet, pour illustrer la bataille qui a cours dans mon cerveau, et dans celui des autres personnes qui souffrent d’une dépression.
Comprendre m’aide à mieux gérer les émotions qui me submergent, souvent, telle une immense vague qui balaie tout sur son passage.
C’est aussi une façon de me déculpabiliser.
Parce que la culpabilité, c’est un sentiment assez fort dans une dépression.
Je peux être à la fois mon meilleur allié et mon pire ennemi.
Le sentiment de culpabilité peut devenir très fort et prendre toute la place pendant un certain temps.
Je peux être le premier à me faire des reproches.
« Voyons, t’es pas encore sorti de cette dépression ? Come on ! »
Ça m’est arrivé plus tôt cette semaine.
Bonne nouvelle, j’ai tout de suite eu le réflexe de chercher un argumentaire pour contrer ce sentiment de culpabilité.
J’ai compris alors que mon cerveau est actuellement un champ de bataille.
Une guerre est en cours entre mon cortex préfrontal, le centre de la raison, et mon système limbique mieux connu comme le cerveau émotionnel.
Les deux ont chacun leur champion pour mener les troupes au combat.
Mon cortex préfrontal compte sur l’hippocampe pour remporter la victoire.
Mais le système limbique est mené par le guerrier ultime, soit l’amygdale.
L’amygdale, c’est en quelque sorte le centre de la peur. Dès qu’un danger est détecté, elle se met en marche. Son travail est de sécréter les hormones de stress pour préparer le corps au combat ou à la fuite.
Mais réfléchir, ou du moins trop réfléchir, atténue nos réflexes de survie en situation de danger.
Et l’amygdale est un puissant guerrier qui compte des milliers d’années d’expérience au combat. Sa job, c’est d’assurer la survie du patron. Tel un samouraï.
L’amygdale débranche donc le cortex préfrontal, le temps de gérer la menace.
Dans une dépression, la menace est constante ou du moins, c’est ainsi que le cerveau voit les choses. Il y a des mammouths partout.
Le cortex préfrontal ne fonctionne pas à plein régime et laisse la place aux émotions, qui ne sont pas toujours les meilleures conseillères, d’autant plus que la raison est affaiblie pour mettre tout ça en perspective.
Et l’hippocampe n’est pas en mesure de faire son travail, qui consiste à « rallumer » le cortex préfrontal une fois la menace passée. Car l’hippocampe est attaquée par l’amygdale, qui gère en permanence des alertes aux mammouths.
C’est un résumé des explications données par le médecin français David Servan-Schreiber pour faire comprendre ce qui se passe dans le cerveau humain pendant une dépression. Des explications que j’ai trouvées fascinantes.
Des explications qu’on retrouve dans cette vidéo, plus particulièrement à partir de 1 minute et 30 secondes.
Une fois qu’on a compris ça, je trouve qu’on est mieux outillés pour aller au combat.
Apprendre à connaître son ennemi, n’est-ce pas une leçon de Sun Zi dans L’art de la guerre ?
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