Faire du bien, ça fait vraiment du bien.
Même en dépression.
Ça m’est arrivé cette semaine après avoir raconté l’histoire de Guillaume, qui souffre de schizophrénie.
Le titre, Guillaume le conquérant, me semblait tellement évident.
S’il n’avait pu conquérir le monde à 18 ans malgré son immense talent, il s’était repris de formidable façon en réussissant à reprendre sa vie en main, malgré son lot d’épreuves.
Guillaume m’a écrit le jour même, mercredi, pour me dire merci.
Il signait son courriel ainsi : « Guillaume Le conquérant ! »
Il ne le sait pas encore, mais quand j’ai lu ça, Guillaume a mis un immense sourire sur mon visage.
C’était une journée difficile, mais pendant quelques minutes, j’avais le coeur plus léger.
À cause de Guillaume.
Mon texte lui avait fait du bien. Et de savoir ça, ça m’a fait à moi autant de bien.
Me semble qu’on devrait essayer ça plus souvent.
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Cause pour la cause a reçu son lot de critiques cette semaine. Je ne suis pas là pour défendre Bell. C’est évidemment une opération de marketing.
Mais cette opération permet aussi de financer des organismes qui n’auraient pas cet argent autrement.
Alors voici la question que je pose…
Plein de gens ont critiqué Bell pour cette opération marketing « sur le dos de ceux qui souffrent ».
Fort bien.
Ces gens qui critiquent font-ils quelque chose ?
Accompagnent-ils un proche en dépression ? Ont-ils un enfant schizophrène ? Prennent-ils des nouvelle d’un ami en arrêt de travail souffrant d’anxiété ?
Ça toujours été le cas, mais on dirait que ce phénomène prends de l’ampleur avec les années. Ça prends un coupable. Y a toujours un coupable et de préférence, ça ne peut pas être soi-même.
Ça prends un méchant et un gentil. Point barre.
Cette semaine, le coupable de service, c’était Bell.
Je ne dis pas que cette entreprise est à l’abri des critiques.
Mais c’est un peu comme l’arbre qui cache la forêt.
Oh ! Comme c’est pratique !!
Ça nous empêche de voir les vrais problèmes et de parler des vraies affaires.
Que feraient toutes ces personnes si Bell n’avait pas lancé Cause pour la cause ?
En fait, feraient-ils quelque chose ?
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Je l’ai souvent dit, Cause pour la cause sert aussi à déculpabiliser plein des gens. Le 30 janvier, on tweete et voilà, notre effort est fait pour l’année.
Des gens que je connais m’ont envoyé un message pré-formaté de Bell.
Ils savent que je suis en dépression. C’est gentil de leur part.
Mais pourquoi ne pas plutôt envoyer un message du genre : « Salut, comment vas-tu aujourd’hui ? » ou encore « Je pense à toi. »
C’est évidemment plus difficile. Si jamais je réponds que je vis encore des hauts et des bas après six mois, l’autre ne sait plus quoi faire tout à coup.
Voilà pourquoi le message formaté est si pratique.
Et ça, ce n’est pas la faute de Bell si les gens l’utilisent plutôt que de s’essayer à faire du bien, un fucking petit pas à la fois.
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