J’ai trouvé le monde bien déprimant à mon réveil ce matin.
Pas mon monde, mais le monde.
Les matins sont toujours les moments les plus difficiles. Se réveiller avec angoisse et une douleur dans la poitrine, je n’appelle pas ça se lever du bon pied.
Mais je m’accroche, chaque matin.
Je vais d’abord faire marcher mon chien. À mon retour, je prépare mon déjeuner et je m’installe pour lire le journal. Il m’arrive de tomber sur un texte qui m’absorbe totalement. Pendant quelques minutes, je déjoue mon système limbique et j’en oublie presque la douleur dans la poitrine.
C’est ce qui m’est arrivé en lisant la fascinante chronique d’Isabelle Hachey.
C’était alors cortex préfrontal 1; système limbique 0.
Puis, je suis allé voir les réactions des lecteurs sur la page Facebook de La Presse.
Cortex préfrontal 1; système limbique 1.
Au fond de moi, je savais ce que j’allais y trouver. Mais je me disais que, cette fois-ci, serait peut-être différente. Erreur.
Je ne commenterai pas le fond de l’affaire. Ce n’est pas mon rôle.
Mais on assiste ici à une stratégie vieille comme le monde : tirer sur le messager ou shoot the messenger, en bon Québécois.
Isabelle est de mauvaise foi. Isabelle manque de rigueur. Isabelle veut juste salir le Dr Khadir.
Tout le monde a le droit de se faire sa propre opinion sur le sujet après avoir lu la chronique d’Isabelle.
Avec son nouveau « chapeau » de chroniqueuse, elle porte à l’attention du public une affaire d’intérêt public. Elle le fait dans le cadre d’une chronique où, elle donne son avis sur la question. C’est le propre d’une chronique. Nous informer et nous faire réfléchir.
Et que fait le public ? ll s’en prend à Isabelle…
C’est dans l’air du temps, en quelque sorte.
On n’est pas encore rendus là, mais on s’approche tranquillement de ce qui se passe aux États-Unis, où le président qualifie les journalistes d’ennemis du peuple. Et beaucoup de gens le pensent.
On devrait s’en inquiéter. Sérieusement.
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J’aime mon métier. Même si je ne peux pas le pratiquer en ce moment, j’aime profondément ce job, que je trouve noble et utile.
Se sentir utile est l’un des besoins fondamentaux d’Homo sapiens. Chez moi, c’est un moteur très puissant.
Je trouve que le journalisme et les journalistes sont plus importants que jamais.
Le journalisme et les journalistes sont-ils parfaits ? Bien sûr que non.
Mais on en a besoin plus que jamais.
Sauf que les temps sont durs pour le journalisme et les journalistes.
Un métier exercé dans l’oeil du public n’est jamais chose facile.
Mais les journalistes sont généralement habitués à la critique. Jusqu’à un certain point.
Quand tu deviens un ennemi du peuple, la limite est franchie depuis belle lurette.
C’est un beau métier, mais ce n’est pas un métier facile. Et ça ne va pas en s’améliorant.
Et devenir l’ennemi du peuple n’est pas dans la plan de carrière d’un journaliste.
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Il y a dans l’air du temps quelque chose de mauvais.
Je sais, je fais une dépression, mais je suis capable de faire la différence entre le monde et mon monde.
Ma tête est malade, mais elle est sur le chemin de la guérison, lentement mais sûrement.
Mon monde va aller de mieux en mieux. Le soleil va finir par briller à nouveau dans ma tête et dans mon coeur.
Mais le monde, lui ?
Certains disent que ça ne va pas si mal. Je ne suis pas de cet avis.
Je lisais ce matin qu’il y aura 9,7 milliards d’humains sur la planète en 2050.
Mais que restera-t-il de l’humanité ?
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