Donald Trump et le pirate somalien

Mes enfants sont toujours des p’tits rigolos. Il faut dire que l’humour a toujours été une valeur familiale en quelque sorte.

Je n’ai jamais été du genre à me prendre trop sérieux, j’imagine que ceci explique cela, du moins en partie.

Quand nous avons eu notre chienne, Léa, il y a presque 5 ans, ils ont commencé à trouver un surnom pour presque tous ses jouets.

Il y a Tweetie Bird, mais c’était un surnom trop facile, puisque le jouet en question est un toutou Tweetie Bird.

Tweetie Bird au moment de constater son décès.

Il y a le pirate somalien. L’animal mort. Le dildo, je vous épargne les détails. Et le petit dildo, je vous épargne encore les détails. Non, ce ne sont pas de vrais dildos, quand même ! Mais mes enfants, qui sont des adultes, ont parfois l’esprit tordu. Je n’ai rien à voir là-dedans, ils doivent tenir ça de leur mère !

Et il y a Donald Trump. Oui, oui, Donald Trump !

Pourquoi Donald Trump ? Parce que c’est un jouet indestructible. Il a résisté à Léa, un Labernois de 85 livres. Il a résisté pendant 4 ans. Soit l’équivalent d’un mandat présidentiel.

Donald Trump, toujours intact après quatre ans de mauvais traitement par les médias… oups, pardon, par deux gros chiens méchants ! En route pour un deuxième mandat dans mon salon.

Depuis un an, un deuxième chien s’est ajouté à la famille. C’est Kina, la chienne de mon fils. Une croisée Berger allemand qui pèse elle aussi 85 livres.

Je l’ai gardée à quelques reprises chez moi. Les deux gros toutous sont devenues les deux meilleures amies du monde. Léa protège même Kina au parc à chiens, même si Kina est capable de se protéger sans l’aide de sa meilleure amie.

Kina a passé un mois à la maison pendant les Fêtes. Elle est revenue pendant la relâche, il y a quelques semaines. Et elle vit maintenant le confinement avec nous. Deux gros chiens de 85 livres, un chat et deux humains dans un 4 1/2 plus un balcon. Il est important le balcon quand tu as deux gros toutous à la maison.

Pour revenir à Donald Trump, Kina a donc eu plusieurs occasions d’essayer de « lui faire la peau ».

C’est ce qu’elle a fait avec Tweetie Bird et le pirate somalien.

Leur décès a été officiellement constaté dans les derniers jours.

Donald Trump ? Il résiste aux crocs de Kina, comme il a résisté à ceux de Léa. Donald Trump est indestructible.

J’ai bien peur que Donald Trump n’obtienne un deuxième mandat de quatre ans, du moins dans mon salon.

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Le coronavirus, qu’est-ce que ça change dans ma vie ? À vrai dire, pas grand-chose.

J’étais déjà dans une sorte de confinement où je pratiquais la distanciation sociale. J’ai donc une longueur d’avance.

Ce n’était pas toujours volontaire, remarquez bien.

La solitude ? Je la pratiquais depuis plusieurs mois.

L’anxiété, les crises de panique ? À force d’en faire, je m’y suis un peu habitué. Mais je dois avouer qu’on ne s’habitue pas tant que ça.

J’essaie de me garder informé sans atteindre la saturation. Pour ma santé mentale.

J’avoue que je trouve ça difficile à l’occasion. Même malade, je suis toujours un journaliste.

Il n’y a pas si longtemps, du stress, j’étais capable d’en prendre. Journaliste, heures de tombée, représentant syndical, négos, arbitrage, alouette.

J’arrivais notamment à gérer tout ça en faisant du sport. Mon sport à moi, c’était le jogging. Une activité qui était totalement imbriquée dans mon mode de vie.

Depuis deux ans, c’est moins évident. La gestion du stress et le jogging.

J’ai recommencé à courir cette semaine. Enfin, courir est un grand mot.

En septembre 2017, j’ai couru le sprint de ma vie en espérant arriver à temps à l’appartement de mon ex, qui voulait mettre fin à ses jours.

Mes poumons voulaient exploser, mais il fallait continuer de sprinter. J’ai donc sprinté.

Allez savoir pourquoi, j’ai été capable de jogger dans l’année qui a suivie. Puis, un beau jour, niet, nada. Paraît que ça arrive avec les traumas, ça peut se déclencher des mois voire des années après l’événement.

Ce jour-là, j’ai commencé mon jogging et dès les premières foulées, des flashs dans ma tête. J’étais en train de sprinter la peur au ventre. Comme en septembre 2017.

Je stoppe ma course drette-là et je m’effondre en larmes. Pas de jogging.

Je me suis essayé à nouveau quelques jours plus tard. Même résultat. Les flash, les larmes, la totale.

J’ai attendu un mois et j’ai fait une nouvelle tentative. Rien à faire.

Le jogging, c’était fini pour moi, du moins tant que je n’aurais pas trouvé un moyen de traiter ce trauma.

C’est ce que je suis en train de faire depuis une semaine.

J’ai déjà parlé de l’EMDR ou le Eye Mouvement Desensitization and Reprocessing. Une technique découverte par une psychologue américaine qui s’est montrée particulièrement efficace pour le traitement des souvenirs post-traumatiques.

Ça l’air ésotérique, mais ça ne l’est pas. C’est surtout crissement douloureux.

Le principe est simple. Tu te replonges dans ton souvenir, tu le revis comme si tu y étais.

Pendant ce temps, je dois suivre des yeux le stylo que ma psychologue fait bouger devant moi.

Parfois, ça devient difficile de suivre le stylo des yeux, qui sont remplis de larmes.

Dans ma tête, je revis ma course et je dois décrire les émotions qui m’habitaient à ce moment-là.

La peur. Il n’y avait que de la peur. La peur brute. Comme celle que nos ancêtres pouvaient ressentir en voyant un mammouth leur foncer dessus.

Le principe de l’EMDR, en gros, c’est que le mouvement des yeux permet de retraiter les souvenirs qui sont restés prisonniers dans le système limbique, siège des émotions et de la peur.

Ça l’air ésotérique, je sais, mais cette méthode a fait l’objet de nombreuses études scientifiques. Son efficacité est reconnue mondialement.

Ça fonctionne. Mais ce n’est pas une partie de plaisir.

Entre mes séances, j’ai des devoirs à faire. M’exposer au jogging.

À force de ne pas être capable de jogger, j’ai maintenant peur rien que d’y penser. Peur que les souvenirs remontent et prennent le contrôle de ma tête.

Ma première fois, mardi, je ne me suis même pas habillé comme si j’allais courir. Histoire de ne pas délencher toute la patente.

J’ai commencé à marcher. Puis, je me suis mis à jogger. Vingt secondes. Et j’ai marché à nouveau, pendant trois minutes. Une autre mini course, pas trop rapide, de 20 secondes. J’ai répété le manège pendant 30 minutes.

Le lendemain, je me suis habillé comne si j’allais jogger. J’ai couru à l’occasion jusqu’à 50 secondes.

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Je sais que c’est le chemin que je dois prendre. Mais il y a des journées où ça ne me tente pas. Parce que ça fonctionne justement.

Ma psychologue m’a expliqué qu’après une séance d’EMDR, le cerveau continue de travailler. Il processe, comme un ordinateur.

Sauf qu’il ne processe pas des beaux souvenirs. Il fait le ménage.

Conséquence : tu dors mal, tu fais des rêves bizarres. Tu te réveilles en pleine nuit en crise de panique. Le matin, tu te lèves un peu tout croche et il y a d’autres souvenirs associés qui refont surface.

Après le jogging, va falloir s’occuper de la conduite en voiture. Des heures de plaisir en vue 😉

Non, le chemin vers la guérison n’est pas toujours bucolique à coups de séances de méditation ou à composer des pièces musicales.

Dire que j’aimerais mieux travailler de la maison à écrire sur le coronavirus est un euphémisme.

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Hier, ma fille tentait de marquer des buts dans le salon. Avec son bâton de hockey et un rouleau de papier toilette pour remplacer la rondelle. Sa cible ? Le panier à linge.

Les deux chiens regardaient la scène, l’air de se dire que la fin du monde était peut-être en train de se produire.

Je ne me rappelle plus du score. J’imagine que c’est elle qui a gagné, puisqu’elle ne gardait pas les buts du panier à linge.

La prochaine fois, on s’est dit qu’elle enfilerait son équipement de gardienne et moi, j’irais de mon formidable tir frappé (sic) du rouleau de papier toilette.

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Je disais que mes enfants sont de p’tits rigolos. Il ne manquent pas d’imagination.

Nous avons aussi un chat. Il s’appelle Jello. Noémie et David l’ont baptisé ainsi parce qu’il était tout mou à son arrivée comme petit chaton.

Jello est un chat spécial. Il est très coquet, très propre de sa personne.

Il a vite pris l’habitude de monter sur le comptoir de la salle de bain quand on se brosse les dents. Un jour, Noémie a commencé à faire semblant de lui appliquer du déodorant. Jello a adoré.

Depuis, il réclame son déodorant chaque jour.

Sur ce, je vous laisse. On s’est donnés comme mandat de regarder tous les Star Wars. Nous sommes rendus à l’épisode 3 de la deuxième trilogie, qui précède l’épisode 4 de la première trilogie. Vous me suivez ?

Publié par

ÉP Champagne

Humain de 51 ans. Né sous le nom d’Éric-Pierre Champagne, un 15 avril 1967. Parfaitement imparfait. Se pose beaucoup de questions et n’a pas toujours les réponses. Se demande justement où s’en va homo sapiens… Toujours dans le sens de l’évolution? Et quelle évolution? Actuellement en dépression et fait de « fucking » petits pas pour s’en sortir. Écrire et composer de la musique sont les deux choses qui me font le plus grand bien dans ces moments difficiles. En plus de faire du jogging. Sauf que je ne peux pas courir plusieurs fois par jour. Écrire et faire de la musique, si. Quand je ne suis pas en arrêt de travail, je suis journaliste. Mais aussi plein d’autres choses. Père de deux adultes, propriétaire d’un gros toutou et d’un chat, amant de la nature, de la musique, du jardinage, des randonnées en montagne, des balades en vélo, de milk shake préparés exclusivement à la laiterie La Pinte et amoureux de la vie, quand elle ne me tombe pas dessus, comme le ciel chez les Gaulois. Je ne suis pas à une contradiction près, j’ai quelques bibittes dans ma tête et autres blessures de l’âme, comme la majorité des habitants de cette planète. Mais dont la grande majorité, justement, ne veut tout simplement pas l’avouer. Préoccupé par l’avenir de la planète, mais surtout de l’avenir d’homo sapiens et celui des relations humaines. Parce que c’est ce qu’on est, après tout, des animaux sociaux. Encore un brin naïf, malgré plusieurs poils de barbe blancs et quelques cheveux aussi. Toujours envie de changer le monde, mais j’ai appris à la dure que les sauveurs n’existent pas. On fait juste notre petite contribution, pis c’est ben correct comme ça. Dans un premier temps, vous allez retrouver sur Homo sapiens mes textes, plutôt personnels, et mes compositions musicales, qui ne passeront pas à CKOI. Et j’en suis fort aise. Plus tard, pourquoi pas, on y retrouvera aussi des histoires qui font du bien. Des histoires d’humanité. Des histoires de héros ordinaires. De chevalier Jedi qui restent du côté lumineux de la Force et qui font le bien à petite échelle. Pour se rappeler qu’homo sapiens existe encore et que son avenir n’est pas nécessairement celui qu’on voit venir. Parce qu’être naïf, du moins un peu, me semble qu’on a encore besoin de ça, non?

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